Plus de 400 Algériens rejoignent l’Espagne en moins de 24 heures


l’Émigration clandestine s’accélère à la belle saison

Selon des sources gouvernementales, 418 personnes à bord de 31 embarcations ont atteint les côtes de Murcie, des îles Baléares et d’Alicante. Ces chiffres sont inquiétants du point de vue humanitaire et sanitaire. Tous les migrants ont effectué des tests PCR et au moins sept ont été testés positifs au coronavirus.

La région de Murcie a enregistré, ce week-end, l’arrivée de nombreux bateaux venus des côtes algériennes. Une partie de ces immigrés a été secourue en haute mer par le sauvetage maritime et la Garde civile et d’autres ont déjà été localisés à terre, selon des sources de la délégation gouvernementale à Murcie. Tous ces immigrants sont transférés au quai d’Escombreras, à Carthagène.

La gestion de ces arrivées a été centralisée en raison de la situation sanitaire générée par la Covid-19 en présence de la police nationale et de la Croix-Rouge, afin des vérifier leur état de santé et leur fournir assistance, vêtements et nourriture. Toutes ces personnes sont de nationalité algérienne et parmi lesquelles se trouvaient plusieurs mineurs, des femmes dont une enceinte.

Au moins sept migrants, ayant déjà subi les tests ont été déclarés positifs à la Covid-19, ils ont été isolés ainsi que leurs compagnons de voyage. Les autres attendent les résultats des dépistages dans un camp mis en place par la délégation gouvernementale et la Croix-Rouge dans le port d’Escombreras, dans une zone d’accès restreint.

Alicante a également reçu 12 bateaux entre vendredi et samedi dans lesquels 79 personnes ont voyagé, les positifs seront admis et mis en quarantaine dans l’hôpital de campagne que la Generalitat a mis en place à cet effet.

Les départs de bateaux depuis les côtes de l’Algérie – qui finissent par débarquer leurs occupants notamment à Balerares, Murcie et Alicante – sont en augmentation depuis 2019. Actuellement, les Algériens représentent 55% des migrants qui atteignent les côtes espagnoles, alors que dans les années précédentes, ce pourcentage ne dépassait pas 10%, selon les données de l’Agence européenne des frontières (Frontex).

Tout au long de l’année 2019, un total de 1540 immigrés clandestins sont arrivés sur les côtes de la région de Murcie. En 24 heures, 418 immigrés ont été accueillis : soit 29% de l’ensemble de l’immigration clandestine enregistrée l’année dernière. Cette vague d´arrivées massives a non seulement été la plus importante en 2020, mais a aussi presque pulvérisé le record enregistré il y a trois ans, lorsque 520 citoyens africains sont arrivés dans les dix premiers jours d’octobre 2017.

Les centres de rétention des étrangers (CIES) continuent d’être fermés et les retours irréguliers vers leur pays d’origine suspendus en raison de la fermeture des frontières pour cause de pandémie. Les immigrés, qui n’ont pas été isolés dans un centre hospitalier, seront libérés dans 72 heures, et les ONG qui collaborent avec les administrations leur offrent la possibilité d’un hébergement.

Des conditions d’internement précaires

Il n’y a pas de lits dans les tentes du camp. Les plus chanceux passent la nuit allongés sur un banc dur. Les plus malheureux n’ont pas de couverture pour se protéger des vents nocturnes de la vallée d’Escombreras. Les conditions sanitaires, en pleine pandémie de coronavirus, ne sont justement pas les meilleures. Il n’y a qu’une seule douche pour tous les immigrés.

Et ce n’est pas non plus une structure portative qui a été montée, mais une sorte de tuyau relié à une prise d’eau qui sort de l’égout. «Les images qui arrivent d’Escombreras sont inqualifiables», dénonce l’ONG Convivir sin Racismo. Un tel constat est partagé par les policiers chargés de la garde de ces immigrés : «C’est inhumain pour nous et pour eux.»

Le manque de toilettes est un autre exemple des mauvaises conditions d’hygiène au niveau du camp de migrants dans le port d’Escombreras. Pendant le week-end, il y a eu des situations inimaginables, comme voir des agents acheter des sandwichs et des bouteilles d’eau à des Algériens, parce que lors des premières heures de la vague de bateaux, il n’y avait pas assez de rations alimentaires pour tout le monde au poste de police de Carthagène.

Surveillés par les éléments antiémeute de la Police nationale, assistés par 150 membres de la Croix-Rouge, ceux qui sont en bonne santé sont séparés des autres et restent à la disposition des ONG qui collaborent avec les administrations dans la prise en charge et l’insertion des personnes en situation irrégulière.

Deux Algériens arrêtés à Murcie

Des agents de la police nationale ont arrêté deux Algériens âgés d’une trentaine d’années, membres d’une organisation criminelle faisant dans la traite des êtres humains par bateau depuis l’Algérie vers les côtes de la région de Murcie, comme le rapporte la police nationale dans un communiqué.

En ce mois de juillet, les skippers des bateaux dédiés à la traite des êtres humains, connus par la police sous le nom de «pateristas», ont de nouveau atteint les côtes espagnoles avec des embarcations qui ont fait la route qui relie l’Algérie aux rivages de la région de Murcie.

Pendant la traversée, ils se vantent devant les migrants qu’ils transportent du nombre de voyages qu’ils ont effectués, tout en menaçant qu’au moment d’être interceptés ou une fois arrivés à terre de ne donner aucune information aux autorités espagnoles, selon la brigade de police étrangère de la police nationale. Leur intention est de retourner en Algérie pour organiser de nouveaux voyages sur d’autres embarcations de fortune similaires et toujours au service des mafias auxquelles ils appartiennent.

Les détenus ont fait l’objet d’une enquête pour des crimes de traite illégale d’êtres humains dans des conditions précaires et dangereuses. Enfin, l’enquête policière a abouti à mettre en prison les deux détenus ainsi qu’à la désarticulation d’au moins une partie de cette organisation criminelle spécialisée dans le trafic d’immigrés.

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