Peine capitale en Algérie : les précisions du ministre de la Justice

Le taux de criminalité ne cesse d’accroître. Chaque jour, de nombreuses affaires liées aux agressions et aux meurtres secouent la société et créent la polémique au sujet de l’application de la peine capitale dans notre pays. Hier, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, a évoqué ce point lors d’une séance consacrée aux questions orales au Conseil de la Nation.

Intervenant ce jeudi 17 novembre 2022 au Conseil de la Nation, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, a répondu à une question concernant l’ouverture d’un débat sur le gel de la peine capitale en Algérie. À cet effet, il a fait savoir que « l’Algérie a suspendu l’application de la peine de mort, et ce, depuis l’année 1993 ». Et que « la Justice a limité cette peine à certains crimes dans le cadre de ses engagements internationaux ».

D’ailleurs, le ministre de la Justice a expliqué le fait que « la polémique quant à l’utilité de la peine capitale s’est dissipée, au niveau international, en raison du rejet de cette peine par plusieurs pays dans le monde, considérée comme une atteinte aux droits de l’Homme ». Notant que, « notre pays a opté pour une solution intermédiaire, à travers la décision politique de geler l’application de la peine capitale ».

En outre, le ministre Abderrachid Tabi n’a pas manqué de noter le fait que « notre pays a consenti de grands efforts en vue de lutter contre la criminalité sous toutes ses formes ». Et que « les amendements introduits dans les lois prévoient, en premier lieu, un durcissement des peines ».

Condamnation à mort : quels sont les chiffres en Algérie ?

Dans son rapport mondial des condamnations à mort et des exécutions durant l’année 2021, Amnesty International a fait savoir que « l’Algérie avait prononcé neuf (9) condamnations à mort en 2021 ». D’après la même source, « au moins 1000 personnes sont sous le coup d’une sentence capitale dans notre pays ».

Il convient de rappeler que « plusieurs crimes sont passibles de la peine capitale en Algérie, notamment le meurtre aggravé, l’enlèvement, la trahison, l’espionnage, l’incendie criminel, les actes de terrorisme, ou encore les actes de torture ou de cruauté ».

Toutefois, les chiffres d’Amnesty International ne comptent aucun cas d’exécution, de plus, l’Organisation considère « l’Algérie comme abolitionniste en pratique ». En effet, « notre pays a parrainé et voté en faveur de la résolution appelant à un moratoire en vue d’abolir définitivement la peine de mort, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), le 16 décembre 2020″.