Paris : «Nous sommes des millions à dire non…»


Plusieurs milliers d’Algériens de France ont manifesté hier à Paris pour dire «non à l’élection présidentielle avec la bande» et pour «une Algérie libre et démocratique».

C’est la deuxième marche qu’organise la diaspora algérienne en France après celle du 1er novembre dernier, qui avait drainé plusieurs dizaines de milliers de personnes. Hier, les marcheurs ont scandé des slogans hostiles au régime, pressant Gaïd Salah de «dégager, car cette année il n’y aura pas de vote».  Avant le début de la marche – qui a eu lieu de la place de la République à celle de la Nation – Souad Massi a gratifié les manifestants d’un mini-concert de soutien aux actions du hirak algérien en France.

La «chanteuse de la révolution», comme la surnomment beaucoup, a tenu à être présente et à apporter son soutien à «l’ensemble des Algériens qui manifestent depuis le 22 février dernier» et «qui marchent pour la liberté, la dignité et la démocratie». Souad Massi a également participé à la marche dans les premiers rangs.

De son côté, Hakima Addadi, fille du détenu du même nom, a pris la parole pour dire «non aux élections de la honte».  «Voter est un acte de trahison et non pas un acte citoyen», a-t-elle lancé à la foule, fustigeant la marche qui a eu lieu samedi dernier en faveur de l’élection, la qualifiant de «ridicule».  «Nous, nous sommes des millions à dire non à ces élections.» Elle a également rendu hommage aux détenus politiques et d’opinion, dénonçant les «actes de torture dont certains auraient été victimes récemment».

Festive et bon enfant, la marche d’hier a eu lieu dans une ambiance pacifique et organisée. Des drapeaux algériens, berbères, des portraits de détenus et de martyrs de la Révolution algérienne ont été déployés tout le long de la route séparant les deux places. La musique fusait de partout. «La bande a vendu l’Algérie !», a crié une jeune manifestante.

«Notre message est simple : non aux élections avec la bande. On veut extirper le pouvoir de la racine. On ne va pas lâcher prise. C’est le peuple qui décide, il faut aller vers une assemblée souveraine  Un autre marcheur, tout en brandissant le portrait de Abane Ramdane, héros de la Révolution algérienne, a critiqué le fait qu’en Algérie «la police est partout et la justice nulle part».

Et d’ajouter : «L’Algérie a besoin de tous ses enfants, pas de ceux venus d’Oujda ni ceux du général de Gaulle.» Un autre a enchaîné : «Ils ont voté la loi sur les hydrocarbures pour faire plaisir à leurs maîtres du moment et aux multinationales. Nous appelons tous les Algériens à faire échouer le vote du 12 décembre

Toufik, qui fait partie des organisateurs de la marche, a estimé que «la tenue des élections dans les conditions actuelles est davantage un facteur de division». Il a appelé à «déjouer les tentatives de provocations» en utilisant le mot d’ordre «Silmiya (pacifique) qui cimente l’union de tous les Algériens». 

Alors que quelques jours seulement nous séparent de la date de l’élection présidentielle, la diaspora algérienne en France est plus que jamais mobilisée pour faire échouer ce rendez-vous. Des actions et des propositions sont en train d’être discutées au niveau des associations et des collectifs organisateurs pour trouver la meilleur formule pour faire du 12 décembre un jour de défaite du système algérien et de Gaïd Salah.  

Paris
De notre envoyé spécial   Yacine Farah

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