Pandémie de Covid-19 : «Nous ignorons comment la situation va évoluer»


Les professionnels de la santé restent vigilants et surtout moins rassurants quant à l’évolution de la situation épidémiologique du coronavirus en Algérie.

Le professeur Nassim Sidi Driss, chef de service de chirurgie générale par intérim à l’EPH de Birtraria (Alger), affirme que, pour l’heure, personne ne peut prétendre savoir comment les choses vont évoluer.

«Lorsque l’on voit ce qui se passe en Europe, je peux dire que nous ne savons pas comment va évoluer la situation, notamment avec l’ouverture prochaine des écoles, des universités et probablement des frontières. La situation est préoccupante Sommes-nous prêts ?» s’est interrogé le professeur en marge de la distribution des dons, d’un lot de masques chirurgicaux à l’EPH de Birtraria et la maison d’accueil de personnes âgées de Bab Ezzouar par l’entreprise First Remed.

Pour ce professeur, les chiffres avancés par les autorités sur le nombre de contaminations ne reflètent nullement la réalité du terrain. «Il ne faut pas se  voiler la face. Nous ne sommes pas mieux lotis que les autres pays.

Nous ne faisons pas de dépistage, ni de diagnostic. Aujourd’hui, nous devons respecter les mesures barrières, car nous sommes contraints de vivre avec cette maladie», tranche le Pr Sidi Driss qui rappelle que la situation depuis quelques semaines a connu, certes, une tendance baissière à travers le pays en matière de contamination et le nombre de décès, mais depuis quelques jours, il y a eu une recrudescence des cas.

«Dans nos unités réservées à la Covid-19, nous avions 28 patients, mais depuis dimanche dernier, les deux derniers malades ont quitté nos structures et je suis content.

Seulement, depuis hier, nous avons constaté une reprise légère des contaminés avec quinze personnes testées positives. La rigueur et la vigilance doivent être de mise pour éviter le retour à la case de départ», avertit le Pr Sidi Driss avant de soulever la problématique des patients qui attendent depuis plusieurs mois une intervention chirurgicale.

«1000 interventions en attente»

Selon lui, plus de 1000 interventions sont en attente, rien que pour sa structure. «1000 patients atteints de différentes pathologies n’ont pas eu droit à des soins, ils souffrent, ils devaient être opérés, mais la pandémie du coronavirus a tout chamboulé.

Aujourd’hui, nous allons graduellement reprendre les interventions chirurgicales, à condition qu’il n’y aura pas de deuxième vague», note M. Driss. De son côté, Sighir Djidjine Abderrahmane, directeur général de First Remed, a révélé qu’en l’espace de quatre mois, son entreprise spécialisée dans la production pharmaceutique a pu confectionner des masques qui répondent aux normes internationales «certifiés» et testés avec filtration de particule qui avoisine les 99%.

Son entreprise, assure-t-il, a même été sollicitée par des étrangers pour l’export de leur produit, mais qu’il a préféré d’abord répondre aux besoins nationaux avant d’aller vers l’export.

Sur un marché public initié par la Pharmacie centrale des hôpitaux pour la production locale de 45 millions de masques chirurgicaux, trois opérateurs ont été sélectionnés, parmi eux l’entreprise First Remed qui a pu décrocher un marché de 25 millions d’unités. «Notre entreprise assure une capacité de production de 500 000 masques chirurgicaux par jour.

Certes, la matière première est importée, mais nous envisageons à long terme d’acquérir une machine pour ne plus dépendre de l’étranger», assure M. Sighir. Pour le professeur Driss, le masque est un produit basique que l’on peut fabriquer en Algérie et l’exemple a été donné par cette entreprise… 

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