Ouargla : Une grandiose manifestation interpellant le président Tebboune


Des dizaines de personnes ont manifesté, mardi 12 décembre, pour la première fois depuis la fin du hirak à Ouargla, sans incidents majeurs, pour appeler à «la réforme du dossier de l’emploi et la lutte contre la corruption des responsables».

Cette manifestation a réuni un peu plus de 5000 personnes à la place de la Rose des sables, selon des estimations locales, une «milyounia», selon les organisateurs.

Appelée par un collectif de chômeurs, de regroupements informels de la société civile qui ont adressé un manifeste dit «des habitants de Ouargla» au président de la République, cette journée de mobilisation s’est déroulée sous une très forte présence policière, à travers les artères de la ville en cette première journée du calendrier amazigh chômée et payée, dans un calme voulu pour éviter tout incident violent.

Le rassemblement a été ponctué par plusieurs prises de parole dans la pure tradition des grandes manifestations de chômeurs de Ouargla de la dernière décennie, interpellant cette fois-ci le président Tebboune pour mettre fin au dossier épineux de l’emploi dans la wilaya.

A la tête des 19 revendications énumérées dans la plateforme lue et approuvée par l’assistance, l’ouverture d’une enquête sur la gestion de l’annexe de l’Anem de la wilaya de Ouargla, y compris son premier responsable dont le nom «est lié aux dépassements et irrégularités entachant la gestion de l’offre d’emploi, notamment durant la pandémie Covid-19».

Les manifestants, qui pointent l’absence chronique de ce directeur à son bureau, réclament son limogeage et son remplacement par une compétence locale reconnue.

Cette revendication concerne également les ramifications locales de l’Anem dans les daïras ainsi que les chefs de service et cadres administratifs et financiers de cette institution, en mettant un point final à l’opacité qui entache les inscriptions, la publication et les délais légaux impartis par le décret interministériel régissant le traitement de l’offre d’emploi via l’Anem, dont la délivrance frauduleuse des certificats de résidence et le détournement de l’usage du logiciel El Wassit qu’il faudra, selon eux, lier au système de gestion de la Caisse nationale des assurés sociaux, pour donner une chance aux vrais chômeurs, ainsi que l’instauration d’un dispositif de contrôle indépendant des mécanismes d’embauche, y compris les conditions d’âge, de niveau et d’expérience professionnelle, réclamant à Sonatrach plus de postes destinés aux chômeurs de la wilaya de Ouargla, de rendre publics les résultats des tests et mettre en application les instructions du Premier ministre concernant la destination de 70% des postes transitant par l’Anem de Ouargla.

L’enquête réclamée par les chômeurs s’étend au service de la main-d’œuvre étrangère, accusé de clientélisme et d’abus de pouvoir, mais aussi l’Inspection du travail en tant qu’instance de contrôle, «absente et de connivence avec les sociétés actives à travers la wilaya», étendant les accusations d’immoralité à la «îssaba», cautionnant le trafic d’influence, d’autorité et d’argent, comptant certains hauts responsables et élus de la wilaya. 

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