Oran : «Nous ne sommes pas là pour faire la fête !»


l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits de la femme, des centaines d’Oranaises ont battu le pavé hier, de la place du 1er Novembre jusqu’au siège de la wilaya.

Si les slogans scandés tout le long de l’itinéraire étaient ceux du hirak, à la place 1er Novembre, nombreux étaient les femmes et les hommes à avoir brandi des pancartes féministes revendiquant purement et simplement l’égalité entre les deux sexes. En voici quelques exemples : «On demande des droits civiques et égalitaires entre les femmes et les hommes», «Pas de démocratie sans la totale égalité citoyenne de la femme», «Non au code de l’infamie», «Djamila, Hassiba, vos filles continuent le combat», «le 8 Mars n’est pas un jour de fête, mais une journée de lutte pour arracher nos droits», «Je ne veux ni fleurs ni parfum, j’exige le respect», «Non aux violences faites aux femmes», «Il n’y a pas de révolution sans femmes».

Un jeune étudiant portait quant à lui un écriteau en anglais : «She’s someone, not sister, mother, daughter, wife». Une manière de dire qu’une femme est une femme, et que cesse cette pudibonderie imbécile des conservateurs, qui la réduisent à chaque fois à la sœur, la mère, la fille ou l’épouse.

Quand la marche s’est ébranlée, c’était, par contre, aux cris de «Dawla madania machi askaria !» (Pour un Etat civil et non militaire), un slogan, comme on l’aurait remarqué, proprement hirakiste. A la rue Larbi Ben M’hidi, les femmes, qui étaient aux premiers rangs et bien plus nombreuses que les hommes, ont crié : «Ma jinech nahteflou, jina bache terahlou !» (Nous ne sommes pas là pour faire la fête, nous sommes là pour que vous dégagiez).

Un hommage a également été rendu aux manifestants d’Alger, victimes, l’avant-veille, de répression policière : «Yal Assima bravo alikoum w Djazaïr taftakher bikoum !» (Les Algérois bravo à vous et l’Algérie est fière de vous). Arrivés à la wilaya, les féministes, formant un carré de plus en plus important, se sont mises à crier : «Yaskout kanoun el osra, yaskout kanoun el hogra !» (Que chute le code de la famille, que chute le code de l’infamie) sous les applaudissements et les youyous.

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