«Nous agissons dans la discrétion loin des injonctions de l’administration»


Polémique autour des députés ayant refusé de faire don de leur salaire

Des députés FLN et RND ont aussi refusé de participer à cette quête pour, disent-ils, des «raisons politiques».

Nous n’avons pas attendu l’appel de l’Assemblée pour apporter notre assistance aux démunis, aux professionnels de santé et aux personnes touchées par la pandémie de coronavirus.» Il s’agit là de l’argument avancé par Atmane Mazouz pour justifier le refus des députés RCD de faire don d’une partie de leur salaire en signe de solidarité avec l’Etat pour combattre le coronavirus.

Des députés du FLN et du RND ont aussi refusé de participer à cette quête pour, disent-ils, des «raisons politiques». Comme le RCD, ces élus affirment avoir fait dons de leur salaire d’un mois bien avant d’être sollicités par l’administration de l’APN. Pour ces derniers, la solidarité ne se décrète pas, elle est spontanée et se fait dans la discrétion. Les élus RCD, affirme Atmane Mazouz, ont de tout temps été aux côtés des citoyens durant cette crise sanitaire que traverse le pays, et préfèrent agir dans la discrétion, «loin des injonctions de l’administration et de l’Assemblée croupion».

L’administration de l’APN, selon nos informations, a sollicité l’ensemble des députés pour faire don, à titre symbolique, de la somme de 40 000 DA retenue sur leur salaire d’un mois, dans le but de contribuer à combattre la pandémie de Covid-19. Les locataires de l’hémicycle Zighoud Youcef – pas tous – ont accepté d’y participer et les sommes acquittées diffèrent d’un élu à l’autre.

«Certains ont fait don de 40 000 DA, d’autres un peu plus, voire le double de leur salaire d’un mois. Seulement, une partie des députés a refusé de participer à cette action et nous respectons leur démarche quoique, dans ces moments, nous devons être solidaires car nous avons un ennemi commun : le coronavirus», nous révèle une source de l’Assemblée.

Le RCD, explique son chargé de communication, n’étale jamais ses actions de solidarité avant ou durant cette crise sanitaire : «Nos élus et nos nombreux militants engagés dans le mouvement associatif le font au quotidien et on s’est interdit toute communication à ce sujet. Chaque nécessiteux malade de cette terre a besoin d’aide, mais aussi de discrétion qui préserve sa dignité et celle de sa famille.»

Atmane Mazouz espère des décisions dans ce sens, en attendant une loi qui puisse encadrer les aides aux personnes qui sont réellement dans le besoin et en finir avec tant «d’exhibitions» qui n’honorent, selon lui, guère ceux qui excellent dans ces pratiques, à commencer par le gouvernement et ses différents représentants.

«Nous souhaitons que soit mis un terme définitif à ces scènes qui bénéficient même d’une couverture éhontée de certains médias. S’agissant de la majorité des éléments de cette Assemblée croupion, rien ne l’empêche de voter des budgets conséquents au profit de la santé», dénonce M. Mazouz, qui insiste sur l’indécence dans le comportement de nos gouvernants.

Rappelons qu’avant l’APN, les membres du Conseil de la nationont tous fait don de leur salaire d’un mois. Les hommes politiques ne sont pas en reste. Le président Tebboune, les ministres et fonctionnaires de l’institution de la République, les officiers généraux et les officiers supérieurs de l’ANP, les cadres de la DGSN ont fait don d’un mois de leur salaire. Des hommes d’affaires et des citoyens anonymes ont apporté et acheminé leurs aides, en denrées alimentaires ou en équipements médicaux, aux populations confinées et au corps médical.

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