Multiplication des convocations d’activistes : Les robes noires dénoncent «la poursuite du harcèlement»


Le collectif des avocats pour la dignité s’est exprimé, avant-hier, sur la multiplication, ces derniers jours, des convocations de militants du hirak.

Les signataires de la déclaration, dont Mes Allili Yamina, Mustapha Bouchachi, Abdelghani Badi et beaucoup d’autres, ont tenu à faire part de leur «profonde consternation vu la poursuite du pouvoir à resserrer l’étau autour des militants du hirak populaire et de la société civile, via leur traque, en les convoquant devant les autorités judiciaires».

«Ce qui, rappellent-ils, intervient au moment où l’Algérie, à l’instar des pays de la planète tout entière, fait face à une situation sanitaire exceptionnelle et des plus catastrophiques.»

De même, ajoute-t-on, «le harcèlement politique et sécuritaire se poursuit à l’endroit des activistes en dépit du respect par ces derniers des règles de confinement sanitaire et de leur contribution efficiente aux efforts de conscientisation, de prévention et de secours, et malgré la mention faite dans le décret exécutif 20-70, en date du 24 mars 2020, fixant des mesures complémentaires de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus».

Pour le collectif des avocats, «cette situation, où il semble clair et édifiant que les cercles et les appareils du pouvoir se partagent les rôles, oscillant entre un discours théorique conciliant et un second répressif illustré sur le terrain, fait que les militants du hirak soient perplexes et en plein désarroi».

Revenant sur le contexte actuel, marqué par l’épidémie du Covid-19, les robes noires expliquent, dans ce sens, qu‘«en cas de réponse favorable à la convocation qui leur est adressée, les militants mettraient leur santé et celle des Algériennes et des Algériens en danger, et en cas de refus d’obtempérer et de se présenter aux convocations, il est fort probable que des mesures soient prises à leur encontre, au nom de la loi qui leur est imposée, telle une épée de Damoclès».

En dernier lieu, le collectif des avocats pour la dignité «dénonce de pareilles pratiques», de même qu’il appelle le pouvoir en place «à respecter le texte de la Constitution et à se conformer à la teneur des conventions et des accords internationaux ratifiés par l’Algérie dans le domaine des droits de l’homme».

Il faut rappeler que plusieurs activistes ont été convoqués par les services de sécurité, et certains présentés devant les procureurs, depuis le début du confinement et la suspension par le hirak de ses marches hebdomadaires.       

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