Moncef Aït-Kaci et Ramdane Rahmouni remis en liberté


L’ancien correspondant et le réalisateur de France 24 incarcérés mardi

Le journaliste et ancien correspondant de la chaîne française France 24 Moncef Aït-Kaci, ainsi que le réalisateur travaillant pour le même média Ramdane Rahmouni retrouvent la liberté.

Placés sous mandat de dépôt mardi soir par le juge d’instruction près le tribunal de Bir Mourad Raïs d’Alger, les deux professionnels des médias ont été remis en liberté hier, en début d’après-midi, selon leurs avocats qui n’ont pas donné plus de détails concernant la procédure appliquée par la justice.

Incarcéré lui aussi hier en début de matinée, le photographe Youcef Hassani a été libéré quelques heures plus tard. Que s’est-il passé ? On n’en sait rien pour l’instant.

La nouvelle de l’incarcération de Moncef Aït-Kaci et Ramdane Rahmouni, pour plusieurs chefs d’inculpation, dont l’exercice de l’activité de correspondant d’un organe étranger sans autorisation, est tombée, mardi soir, tel un couperet.

Elle a suscité moult réactions et des dénonciations de la part des journalistes algériens et des avocats engagés dans la défense des détenus d’opinion. «Le journaliste et le réalisateur ont été incarcérés en raison de leurs activités professionnelles. C’est un scandale ! Il n’y a aucun pays au monde qui emprisonne des journalistes pour avoir exercé leur mission d’informer.

Cette pratique nuit à l’image de l’Algérie», dénonce l’avocat Abdelghani Badi. Ce dernier n’a pas été tendre avec les autorités qui sont, selon lui, «censées réglementer le secteur de la presse et non pas mettre des bâtons dans les roues des journalistes pour les empêcher d’assumer pleinement leur devoir d’informer».

«On a l’impression que les tenants du pouvoir ont une vision du journalisme datant des années 1960 et non pas celle de 2020», lance-t-il, en rappelant que la réalisateur Ramdane Rahmouni avait participé à la dernière interview réalisée par France 24 du président Abdelmadjid Tebboune (le 4 juillet, ndlr). «On s’attendait à une bonne nouvelle lundi prochain pour Khaled Derarni et on s’est retrouvé avec d’autres cas similaires», regrette-t-il.

Hier matin, la direction de France Médias Monde (groupe qui chapeaute RFI et France 24) a réagi à cette arrestation et apporté son soutien à son ancien correspondant et à son réalisateur, appelant les autorités algériennes à les libérer.

«Nous avons appris l’arrestation du journaliste Moncef Aït-Kaci en Algérie, correspondant de France 24 jusqu’à encore récemment. Son avocat n’a pas précisé les raisons de son interpellation, mais a simplement dit que les accusations qui pèsent sur lui sont graves», note France Médias Monde dans un communiqué repris par l’AFP.

La direction du groupe médiatique français affirme également qu’elle travaillait «sans relâche (…) afin d’obtenir (leur) libération». «Nous tenons, bien évidemment, à apporter tout notre soutien à nos confrères injustement arrêtés», écrit encore la même source, précisant que Ramdane Rahmouni avait contribué à «l’entretien avec le président Abdelmadjid Tebboune».

L’ONG Reportes sans frontières (RSF) a exprimé aussi son inquiétude «face à la répression accrue de la liberté de la presse en Algérie», affirmant que «les autorités algériennes s’enfoncent dans la spirale infernale de la répression, où de nouvelles mesures arbitraires servent à masquer les précédentes».

Pour rappel, le journaliste Moncef Aït-Kaci avait annoncé sur son compte Facebook, quelques heures avant son incarcération, «qu’il faisait l’objet d’un Interdiction de sortie du territoire (ISTN) depuis plusieurs mois et que la gendarmerie l’avait interrogé à plusieurs reprises»

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