Ministère de la Justice : Les malades chroniques dans l’expectative


Depuis dimanche dernier, les différentes administrations de la Fonction publique se sont mises à libérer 50% de leurs employés, comme le stipule le décret exécutif n°20-69 du 21 mars dernier, relatif aux mesures de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus (Covid-19).

Néanmoins, le texte a apparemment été différemment interprété pour ce qui est de quelques-uns de ses articles.

Une instruction de la direction des ressources humaines du ministère de la Justice, signée par le directeur, et dont nous détenons une copie, a mis dans l’embarras nombre de fonctionnaires, notamment ceux présentant des vulnérabilités sanitaires.

A cet effet, dans la note en question il est exigé l’adoption d’un système d’alternance des fonctionnaires, quels que soient leurs grades et leurs services, au niveau des structures judiciaires, et ce, pour une durée de 15 jours (du 22 mars jusqu’au 4 avril) de sorte à maintenir sur place 50% de l’effectif, «en donnant la priorité (pour ceux qui seront libérés, ndlr) aux femmes qui ont des enfants en bas âge et celles qui sont enceintes».

L’instruction ne fait nullement référence aux personnes atteintes de maladies chroniques ou présentant des vulnérabilités sanitaires, comme cela a été précisé dans le décret exécutif.

En effet, l’article 8 de ce dernier stipule que «sont considérées prioritaires au congé exceptionnel, les femmes enceintes et les femmes élevant des enfants ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques et celles présentant des vulnérabilités sanitaires».

Et c’est ce qui a mis dans l’embarras certains employés de l’administration judiciaire qui, justement, entrent dans cette catégorie, étant les personnes (malades chroniques) les plus vulnérables face au Covid-19.

En tout cas, ces personnes, dont quelques-unes ont déjà saisi leur hiérarchie, espèrent que ce n’est un oubli et que cette instruction va être vite remise en adéquation avec le décret 20-69.

Il est utile de signaler que cette mesure de mise en congé exceptionnel jusqu’au 4 avril de 50% de l’effectif, qui a concerné dans un premier temps la Fonction publique, a été élargie, depuis avant-hier, aux entreprises publiques économiques et à celles du secteur privé.

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