Meziane Meriane. Coordinateur national du Snapest : La transition ou l’élection présidentielle


Le président déchu, élu en 1999, a commencé à légiférer par ordonnance avant l’amendement et l’élaboration d’une Constitution sur mesure pour consacrer définitivement un régime super présidentiel, à l’image de son compagnon du clan d’Oujda Ahmed Ben Bella qui, à défaut d’une Constitution sur mesure, s’était adjugé les postes de chef de gouvernement, de chef suprême des forces armées, de ministre de l’Intérieur, de ministre des Finances et de chef unique du FLN.

La Constitution de notre pays est hybride du fait qu’on n’y retrouve ni un régime dualiste, ni moniste, ni présidentiel, ni semi-présidentiel, mais un régime dictatorial. Lorsqu’on veut sortir d’une dictature qui a donné naissance à une crise politique, on ne peut que faire abstraction temporairement de la Constitution qui était la base du travail de la dictature. Il faut une solution particulière pour une situation inédite particulière.

Elle ne consiste pas à remplacer un responsable par un autre, mais elle réside dans le changement des lois et des pratiques dans l’application stricte des lois de la République, et ce, sans interférence ni ingérence des sphères occultes anticonstitutionnelles. Plus de trois mois après la démission du président de la République, on se retrouve dans une situation de blocage politique.

Devant l’absence de consensus au sein de la classe politique, le risque du pourrissement qui menace la cohésion nationale et la crise économique qui pointe à l’horizon, deux options se dégagent du débat national, à savoir : la transition ou l’élection présidentielle. Pour éviter l’affrontement politique entre ces deux options, je propose un référendum qui va trancher entre les deux propositions.

Ce dernier sera supervisé juridiquement par les magistrats et politiquement par d’anciens moudjahidine, à savoir : Djamila Bouhireb, Louisa Ighilahriz, Zohra Drif, Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour, Lakhder Bouregaa. Après référendum, si l’option des élections l’emporte, on ira vers une élection présidentielle supervisée par les mêmes personnalités. Par ailleurs, si le peuple choisit la transition, on ira vers une conférence nationale où seront définis les contours de la nouvelle République souhaitée par le peuple algérien et qui sera dirigée par les six personnalités historiques.

Les participants à la conférence nationale auront la tâche de rédiger le texte juridique pour l’élection d’un président de transition d’une année à deux ans, avec l’engagement de ne pas se présenter à l’élection présidentielle qui aura lieu après la transition et dégager une feuille de route de transition qui aura pour objectif : le vote d’une Assemblée constituante qui donnera naissance à une nouvelle Constitution, la préparation et l’organisation de l’élection présidentielle qui sera bien entendu suivie par des législatives. Cette feuille de route sera mise en œuvre par le président de transition élu.

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