Marche des étudiants à Tizi Ouzou : «Nous sommes tous des otages»


Les étudiants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou ont rejeté en masse hier, lors du 40e acte de leur mouvement de protestation, la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre.

Ils ont exigé l’annulation pure et simple du scrutin et dénoncé une «mascarade électorale», appelant à une période de transition pour l’élaboration d’un vrai Etat de droit. «Ulach el but, ulach !» (Pas de vote), et «Makach el vote maâ el îssaba !» ont-ils scandé. Les contestataires ont aussi manifesté leur soutien à tous les détenus d’opinion et politiques, dont la majorité est derrière les barreaux pour «port de drapeau amazigh».

C’est le cas de Smaïl Chebili, étudiant en médecine à Tizi Ouzou, dont le portrait a été brandi par ses camarades lors de la manifestation d’hier.

La mobilisation citoyenne demeure intacte à Tizi Ouzou et la contestation ne cesse de croître à mesure que la date fixée pour l’échéance présidentielle approche. Depuis la 40e marche du vendredi ayant enregistré une participation massive de toutes les couches de la population, les actions se multiplient au chef-lieu de la wilaya, mais aussi à travers les différentes localités.

Les citoyens, unanimes quant au rejet du scrutin, ont notamment manifesté depuis samedi dans les daïras de Mekla et Bouzeguène. La population, à Aït Khellili, Mekla, Souamaâ, Aït Ziki, Bouzeguène, Idjer et Illoula Oumalou, a initié des marches au niveau des daïras pour dire non au passage aux urnes que veut imposer le pouvoir en place. Une marche nocturne est prévue demain dans la daïra d’Azazga.

Les avocats de la wilaya reviennent aussi aux actions de contestation, réitérant leur soutien aux revendications soulevées par le peuple depuis le 22 février. Les avocats, qui se sont rassemblés lundi devant le cour de justice de Tizi Ouzou, annoncent une marche et un boycott des audiences le 10 et 11 décembre prochain.

Des marches sont aussi à prévoir pour les prochains jours, vu la détermination de la population. Les fonctionnaires des APC seront dans la rue aujourd’hui, comme c’est le cas tous les 15 jours depuis le début du hirak à l’appel du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap).

Ils revendiquent, en tant que corporation des fonctionnaires des mairies, le départ du système et rejettent l’élection présidentielle. Ils seront rejoints par des travailleurs d’autres secteurs à l’appel de la Confédération des syndicats algériens (CSA), regroupant des syndicats comme le Satef, le Snapest, SNTE, Unpef, Cnapest en plus du Snapap. La CSA appelle aussi à la grève générale qui sera observée aujourd’hui, puis les 3 et 4 décembre prochain.

Post Views: 0