Marche de soutien à Issad Rebrab à Béjaïa : «Nous sommes sortis pour soutenir un homme innocent»


Des centaines de personnes issues de la société civile ainsi que des travailleurs de Cevital ont participé, jeudi, dans la ville de Béjaïa, à la marche populaire à laquelle a appelé le comité de soutien aux travailleurs de Cevital pour revendiquer la libération de l’homme d’affaires Issad Rebrab. Le patron de Cevital a été «injustement incarcéré», selon ses soutiens, après son audition au tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, la semaine passée.

La procession a démarré du complexe agroalimentaire du groupe Cevital, sis à l’arrière-port, vers le siège de la wilaya. Une halte a été observée devant le portail de la cour de Béjaïa, où on a procédé à une minute de silence à la mémoire des victimes du Printemps noir, du terrorisme et des martyrs de la démocratie.

Les manifestants ont scandé tout le long de l’itinéraire, des slogans hostiles au système qui a «plombé l’économie nationale et bloqué des investissements créateurs de richesses et d’emplois». «Nous sommes sortis pour soutenir un homme innocent. Un investisseur qui a redoré le blason de l’Algérie sur la scène internationale où on lui déroule le tapis rouge pour qu’il investisse. Pendant ce temps, dans son pays, on met les investisseurs en prison.»

A travers cette action, la deuxième du genre à Béjaïa depuis l’emprisonnement de Rebrab, les manifestants ont dénoncé «l’injustice qui frappe le patron de Cevital» dont les déboires avec le pouvoir ont commencé il y a plus de deux ans avec le blocage de ses investissements à Béjaïa, Sétif et Tizi Ouzou.

Pendant ce temps, «d’autres investisseurs proches de la famille Bouteflika, à l’image des Kouninef dont les enquêtes pourraient mener vers Saïd Bouteflika, bénéficiaient des largesses de la Présidence», nous dit un manifestant.

Dans le premier carré, des militants des causes justes, comme Djamel Zenati et Khaled Tazaghart, étaient présents. Le président de la JSK, Cherif Mellal, qui a fait le déplacement de Tizi Ouzou, a tenu à réitérer son soutien indéfectible à Issad Rebrab. Dans la continuité de leur soutien au PDG de Cevital, des parlementaires du RCD ont également marché.

Devant eux, une large banderole sur laquelle est écrit : «Libérez Issad Rebrab, injustement incarcéré». Afin de dénoncer une justice «revancharde», voire «instrumentalisée», les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles est transcrit «La justice doit obéir au rapport de droit et non pas au rapport de force», «Non à un Etat de non-droit».

Devant le siège de la wilaya, Mourad Bouzidi a déclaré lors de la prise de parole qu’«en emprisonnant Rebrab, le pouvoir veut frapper la Kabylie, créer la division et freiner la dynamique du mouvement antisystème du 22 février. La mobilisation doit continuer tout en espérant qu’Issad Rebrab soit libéré ce dimanche, soit avant le mois de carême».

Et d’ajouter que «cet homme a investi dans son pays et fait vivre 18 000 familles». Pour lui, Issad Rebrab représente un espoir pour les jeunes Algériens en quête d’emploi.

Le député démissionnaire Khaled Tazaghart trouve, de son côté, qu’il est anormal qu’on emprisonne l’homme qui a libéré l’économie nationale. «Le pouvoir doit avoir le courage de répondre aux aspirations de la population au lieu de tournoyer.»

Comme cette incarcération d’Issad Rebrab intervient dans la vague des interpellations décidées par l’homme fort du moment, Ahmed Gaïd Salah, Khaled Tazaghart suggère au peuple d’aller «de l’avant dans l’unité, on ne doit pas répondre aux provocations des ennemis de l’Algérie». Il s’agit pour Khaled Tazaghart de «ceux qui ont été chassés de Djelfa», à savoir Naima Salhi et ses accompagnateurs. Et d’avertir les tenants du pouvoir : «Ne menez pas l’Algérie vers l’impasse !»

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