Manifestation anti-système à Béjaïa : Le mouvement n’a rien perdu de son intensité


La manifestation antisystème qui s’est déroulée hier à Béjaïa n’a rien perdu de son intensité et de son l’ampleur. Ils étaient des dizaines de milliers de personnes à battre le pavé en signe de mécontentement et de rejet des propositions du pouvoir et de sa démarche prônée pour sortir le pays de la crise politique actuelle.

Ces manœuvres visent le maintien du système décrié par la population. Résolument, les citoyens ont décidé d’aller jusqu’au bout de leur engagement pour le changement radical du régime. A Béjaïa et sous un ciel clément en ce début d’après midi, on est sorti en famille.

Femmes, hommes, vieux et enfants ainsi que des jeunes de toutes les franges de la société ont réaffirmé leur volonté de lutter. La foule scande des slogans rodés comme : «Klitou lebled, ya serrakine !» (Vous avez pillé le pays bande de voleurs). D’autres slogans ajustés dénoncent le FLN et suggèrent sa mise au musée : «FLN dégage !» Les appels à l’union et la mise de côté des sensibilités idéologiques, politiques se sont multipliés pour laisser place uniquement à l’objectif principal qui est le départ du personnel politique qui a poussé le pays vers la dérive depuis 20 ans et pour le changement radical du régime. «Elle n’est ni Kabyle, ni Arabe, ni Chaoui, ni Mozabite… nous sommes tous des Algériens libres», lit-on sur une banderole qui invite également à «Construire l’Algérie tous ensemble».

Sur d’autres pancartes, les marcheurs manifestent leur refus de l’ingérence étrangère pendant que d’autres proposent d’aller très vite vers «l’élection d’une assemblée constituante».

Au carrefour Nacéria, un colporteur distribue de l’eau gratuitement aux marcheurs. Au milieu d’une foule compacte, le drapeau amazigh et le portrait de feu Matoub Lounès, symbole du combat pour la liberté, la démocratie et l’amazighité, flottent au-dessus les têtes des marcheurs. «Chaab yourid isqat el nidam» (Le peuple veut faire tomber le système), scandent-ils, un message clair et sans détour contre ceux qui «veulent se maintenir par les manœuvres». Les manifestants ne finissent pas d’innover et de redoubler d’imagination «au fil des vendredis».

L’acte n°5 de ce mouvement citoyen pacifique contre le système s’est distingué par un spectacle théâtral de rue, exécuté par les artistes de Béjaïa sur l’esplanade de la maison de la Culture Marguerite Taos Amrouche, peu avant le démarrage de la marche. Ils ont mis en scène les personnages de l’inspecteur Tahar et de son coéquipier, traquant les «hommes du système». Sellal, Ouyahia, Saïd Bouteflika, Haddad, les chefs des partis au pouvoir… tout le monde a comparu devant un tribunal populaire, sous l’œil attentif de vigiles.

D’autres artistes munis d’instruments musicaux, de micros et de haut-parleurs ont accompagné la procession faisant du bruit ; beaucoup de bruit en interprétant des chants révolutionnaires et autres airs populaires. Les conducteurs de moto se sont également distingués par l’organisation d’un cortège comptant plusieurs dizaines de deux roues ornées de drapeaux national et amazigh.

Klaxon et bruit d’accélération se mêlent aux cris de «Système dégage !» Les marcheurs se sont dispersés dans une ambiance festive sous un ciel qui commençait à se charger de nuages gris.

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