Manifestants arrêtés vendredi : Entre procès renvoyés et gardes à vue prolongées


Plusieurs manifestants arrêtés le 7 mai à Alger, lors du 116e vendredi du hirak, et qui avaient été placés en garde à vue, ont été présentés hier devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed.

D’après le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), leur procès est fixé pour le 23 mai. «Les manifestants arrêtés vendredi 7 mai 2021 à Alger et placés en garde à vue au commissariat de Hussein Dey viennent d’être présentés devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed à Alger (hier, ndlr). Ils sont placés sous contrôle judiciaire et le procès est renvoyé au 23 mai 2021», rapportait ainsi le CNLD ce dimanche sur sa page Facebook.

La même source ajoute que les manifestants qui ont été auditionnés hier étaient au nombre de six. Il s’agit, en l’occurrence, de Boumerad Kamel, Oualid Illemassene, Rabehi Hamza, Lounes Talabouzrouf, Mokhtar Hamoudi et Hichem Bouabdellah. Ils sont poursuivis pour «attroupement non armé», «refus d’obtempérer» et «violation des mesures de confinement sanitaire».

Selon le défenseur des détenus d’opinion Zaki Hannache, qui recense méthodiquement toutes les arrestations, les six manifestants, après avoir été auditionnés par le procureur, «ont été présentés en comparution immédiate» devant le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed, et l’affaire a été renvoyée au 23 mai 2021. Les prévenus ont été remis en liberté dans l’attente de leur procès.

Outre ce groupe de hirakistes, la garde à vue de quatre autres manifestants qui ont été arrêtés, eux aussi, lors de ce 116e vendredi, a été prolongée de 24 heures, soit de dimanche à lundi. Ils devraient donc être présentés aujourd’hui à leur tour devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed.

C’est ce qu’ont indiqué plusieurs sources, dont le militant Zaki Hannache, qui précise que les hirakistes dont il est ici question sont Chafik Medjahed, Toufik Mellab, Wazib Sofiane et Afaf Megari. Selon le CNLD, ils se trouvent au commissariat central d’Alger.

Le Comité national pour la libération des détenus assure, par ailleurs, que la police a perquisitionné le domicile de Mme Megari. «Perquisition au domicile familial de Afaf Megari dans l’après-midi de ce samedi 8 mai 2021. Pour rappel, Afaf Megari a été arrêtée vendredi 7 mai à la marche d’Alger avec des pancartes et des photos de détenus devant le portail de la Fac centrale, et placée en garde à vue au commissariat central», alertait le Comité sur sa page Facebook.

A noter que des interpellations massives ont une nouvelle fois été opérées dans les rangs des manifestants ce vendredi 7 mai.

Un scénario qui fait bien sûr écho à ce qui s’est produit ces dernières semaines après chaque manifestation du hirak. L’essentiel des arrestations a été observé au niveau du quartier du Ruisseau où le cortège de Bab El Oued, changeant brusquement l’itinéraire de la marche, a terminé sa course.

Les forces de l’ordre sont une fois encore intervenues avec brutalité pour disperser les manifestants, et de nombreux citoyens ont été pris dans les rafles de la police. Des sources parlent d’au moins une quarantaine d’interpellations recensées à l’issue de ce 116e vendredi.

D’autres activistes, à l’instar de Sofiane Haddadji et Wazib Sofiane, ont été arrêtés à proximité de la mosquée Errahma à l’heure de la prière d’el djoumouâa.

Imane Abdelli, étudiante en pharmacie, une jeune femme très engagée et l’une des figures de proue du hirak estudiantin, a livré un témoignage saisissant sur sa page Facebook, où elle affirme avoir été arrêtée ce même vendredi à l’hôpital Mustapha avant le début des manifs.

Elle se retrouvera aux côtés de Afaf Megari et Toufik Mellab, qui seront maintenus en garde à vue tandis que l’étudiante sera relâchée peu avant le f’tour après de houleuses péripéties.

La LADDH a réagi à cette nouvelle vague de répression à travers une publication sur les réseaux sociaux où l’on peut lire : «Une cinquantaine d’interpellations à la 116e marche pacifique à Alger (…). Malgré la déviation de l’itinéraire pour éviter la confrontation (avec la police, ndlr), le pouvoir a décidé d’empêcher la marche et de réprimer les manifestants pacifiques.

Des arrestations ont eu lieu au niveau de la rue Didouche et de la mosquée Errahma avant le début de la marche, et à Ruisseau à la fin, malgré le fait que la marche s’est dispersée dans le calme et sans aucun incident. Halte aux arrestations arbitraires ! Halte à la répression !»


Post Views:
89

Advertisements