Louisa Dris-Aït Hamadouche. Politologue : «Le régime est sur la défensive»


«Les indices confortant l’idée que les revendications du hirak ne sont pas satisfaites sont beaucoup plus nombreux que les indices qui iraient dans le sens contraire.

Contrairement au discours officiel, il y a une contestation politique qui s’est maintenue depuis deux ans, à laquelle s’ajoute une contestation socioéconomique qui est en train de grandir. Le fait que les libertés individuelles et collectives soient toujours surveillées montre que le gouvernement n’est pas dans une situation confortable dans laquelle il mène une politique déterminée, mais cela suggère qu’il est sur la défensive et qu’il craint le retour des manifestations, en plus du hirak qui ne s’est jamais arrêté. Deux ans après, chacune des parties est appelée à fait un bilan. Du côté du hirak, la contestation ne s’est jamais arrêtée, mais que les manifestions, à elles seules, ne peuvent pas contribuer à la réalisation de ses objectifs. Du côté du pouvoir politique, l’ensemble des mesures prises depuis l’élection présidentielle jusqu’au référendum sur la Constitution et les futures élections législatives contribuent à maintenir le statu quo et aggraver la crise de confiance. Rien ne peut présager des élections législatives différentes d’une élection présidentielle ou du référendum. On peut s’attendre à ce que la contestation politique continue à travers une abstention extrêmement large et l’émergence d’une nouvelle classe politique qui n’a pas plus de crédibilité et de légitimité que l’ancienne.»

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