Liberté de la presse : le Parlement européen pointe du doigt le Maroc 

Le Parlement européen a adopté, ce jeudi 19 janvier 2023, un texte critiquant sévèrement la détérioration de la liberté de la presse au Maroc. Les eurodéputés ont pointé du doigt les agissements du royaume chérifien et se sont dits « préoccupés » par les allégations de corruption pesant sur Rabat et certains élus.

Après le scandale de corruption qui a secoué le Parlement européen, voilà que les eurodéputés adoptent une résolution demandant « instamment aux autorités marocaines de respecter la liberté d’expression et la liberté des médias et de garantir aux journalistes incarcérés un procès équitable avec toutes les garanties d’une procédure régulière ».

En effet, les députés européens ont voté hier, lors d’une séance plénière à Strasbourg, un texte critiquant sévèrement la détérioration de la liberté de la presse au Maroc. Très largement adopté, avec 356 voix pour, 32 contre et 42 abstentions, le texte de moins de 500 mots « condamne fermement l’utilisation abusive d’allégations d’agressions sexuelles pour dissuader les journalistes d’exercer leurs fonctions » et « estime que ces abus mettent en danger les droits des femmes ».

Les eurodéputés ont notamment mis l’accent sur le cas d’Omar Radi, « un journaliste marocain connu pour ses positions critiques envers le pouvoir. Arrêté en 2020 et condamné en appel en mars à six ans de prison ferme pour « viol » et « espionnage » ».

Corruption au Parlement européen : l’Assemblée de Strasbourg « préoccupée »

Par ailleurs, le texte du Parlement européen évoque également le récent scandale de corruption qui accable le Maroc et certains élus de l’Assemblée. À cet effet, les eurodéputés se sont dits « préoccupée par les allégations selon lesquelles les autorités marocaines auraient tenté de corrompre des élus du Parlement européen ».

Selon l’Espagnol Miguel Urban Crespo, du groupe de la gauche unitaire, à l’origine de cette résolution, « il aura fallu plus de vingt ans et un scandale de corruption comme le « Marocgate » pour que le Parlement européen puisse enfin parler du Maroc et des droits de l’homme ». Car l’adoption de ce texte est une première depuis plus de vingt ans.

Toutefois, le Parlement européen a réaffirmé sa détermination « à enquêter pleinement sur les cas de corruption impliquant des pays tiers qui recherchent une prise d’influence au Parlement européen ». D’ailleurs, il est à rappeler que ce scandale avait éclaté après « l’arrestation de la vice-présidente du Parlement européen, la Grecque Eva Kaili et de son compagnon, Francesco Giorgi. Mais aussi de l’ancien eurodéputé italien Antonio Panzeri et du député français Gilles Pargneaux ».