L’escalade pacifique effective à Constantine


Pour le 4e samedi consécutif, les hirakistes à Constantine ont occupé la rue, hier après-midi.

Alors que plusieurs appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour suspendre les marches en raison de la crise sanitaire du coronavirus, les irréductibles ont maintenu leur «agenda de contestation», qui désormais s’étend aussi à la journée de samedi.

Certes, leur nombre était réduit comparativement à celui de la marche de la veille, mais ils ont battu le pavé pour réitérer les revendications fondamentales du mouvement citoyen. «Dawla madania machi askaria !» a résonné à travers le parcours traditionnel qui débute de la place Colonel Amirouche, en passant par les allées Ben Boulaïd et le boulevard Belouizdad.

Par trois fois, cette boucle a été effectuée sous les slogans hostiles à cette stratégie de normalisation dont use le pouvoir. «Ce système multiplie les manœuvres pour imposer une politique du fait accompli.

Pour ce faire, il s’acharne contre le mouvement avec les interpellations lors des marches hebdomadaires et la dispersion des rassemblements dans certaines régions du pays de manière musclée, mais notre résistance demeure sans faille.

Nous sommes sortis dans la rue pour des revendications politiques, nous rentrerons chez nous quand elles seront satisfaites, pas avant», insiste Abdennour, jeune hirakiste. Résistance devient le maître mot de cette escalade dans la contestation pacifique, qui se manifeste le samedi aussi dans la capitale de l’Est.

«Le samedi sera désormais jour de mobilisation, jour de résistance dans notre combat, le peuple est souverain et source du pouvoir et il le réclame depuis plus d’une année, il ne se ravisera pas concernant ses droits légitimes», martèle-t-on entre deux slogans.

Et partant, il devient évident que le hirak résiste à Constantine et se revigore à chacune des tentatives de déstabilisation ourdie par les meneurs de la contre-révolution.

Et la menace du Covid-19 ? La problématique a été abordée lors du rassemblement précédant la marche, mais le débat n’a pas pris.

«Ya el corona diri mzia, ezzehfi ala El Mouradia !» (Ô corona, rend-nous service et rampe jusqu’au palais présidentiel d’El Mouradia), ou encore «Entouma ghir ekhtouna, entouma el irhab, entouma el corona !» (Partez et laissez-nous, le terrorisme et le coronavirus, c’est vous), ont scandé les manifestants, comme une réponse aux mesures de confinement préconisées par les pouvoirs publics et sanitaires.

«L’idée de suspendre le hirak si elle taraude les esprits nourrit toutefois quelques craintes quant à son essoufflement…, mais le mouvement s’est inscrit dans la durée et peut rebondir au moment voulu», rassure un manifestant.

Et de rappeler l’impératif d’observer les mesures d’hygiène indiquées pour protéger le mouvement populaire, dont les revendications sont le départ du système et l’instauration de la démocratie.   

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