Les organisateurs de la conférence nationale répondent aux critiques de la démarche : «Nous avons réalisé un compromis historique»


Linitiative des dynamiques de la société civile, adoptée samedi dernier lors d’une conférence nationale, n’est pas passée inaperçue. La feuille de route proposée par les participants a été différemment appréciée. Alors que les initiateurs l’ont qualifiée d’historique, certains observateurs émettent des critiques sur le contenu de la proposition.

Si les partisans du pouvoir critiquent la proposition d’un passage obligé par une période de transition, gérée par des personnalités indépendantes, les opposants trouvent que «les acquis de la conférence» sont «plutôt maigres». Ont-ils raison ? Leurs critiques sont-elles objectives ? Pour les organisateurs de cette conférence, les critiques sont «allés vite en besogne».

«Ils n’ont pas pris le soin de lire la résolution de la conférence et donc ils n’ont pas compris la démarche», rétorque Saïd Salhi, vice-président de la LADDH et membre du Collectif de la société civile pour la transition démocratique. Selon lui, ces réactions confirment, une nouvelle fois, que «nous traînons encore les séquelles des années 1990». «Nous ne voulons pas reproduire l’exclusion pratiquée par le système pendant tout ce temps.

Nous sommes parvenus à un compromis, mais sans se compromettre. C’est historique ! Il fallait débattre avec tout le monde pour essayer de rapprocher les positions des uns et des autres», précise-t-il. Selon lui, «on ne peut pas tout arracher». «C’est un processus qui a duré plusieurs mois. Les négociations n’étaient faciles. Nous n’allons pas assumer la division, nous devons, par contre, lutter pour la différence. Rien n’est acquis pour l’instant ; la rupture avec le système n’est pas actée», explique-t-il. Saïd Salhi appelle, dans la foulée, «à dépasser les incompréhensions», car «la sortie de crise est la responsabilité de tous».

«La réunion de toutes les sensibilités, un acquis»

Pour Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste et membre de la Confédération des syndicats algériens (CSA), l’initiative «a été accueillie favorablement par les gens». «La conférence a réussi à réunir toutes les sensibilités de la société, qui ont paraphé un document commun, traduisant leur engagement à participer à solutionner la crise actuelle. C’est historique, à mon sens», souligne-t-il.

Les critiques, ajoute-t-il, portent sur l’absence de certains points défendus par certains acteurs dans la feuille de route finale, à l’image de l’Assemblée constituante. «Ces points ne peuvent pas être expliqués dans une initiative. Le parcours sera long. Nous devons nous réunir dans les prochains jours afin de définir les mécanismes nécessaires pour la concrétisation de notre démarche en élargissant le débat à la classe politique et aux personnalités nationales», détaille-t-il.

Même point de vue développé par Boualem Amoura, président du Satef et membre du CSA. «Dans une telle initiative, on ne peut pas satisfaire tout le monde. Notre démarche n’a, d’ailleurs, pas plu au pouvoir qui ne voulait pas d’une conférence qui lui échappe. Mais dans l’absolu, cette conférence est une avancée. Nous avons pris l’initiative, maintenant c’est aux autres de faire de même. Nous ne détenons pas le monopole de la société civile», indique-t-il.

La réunion des différentes sensibilités est soulignée dans le communiqué final de la conférence, qui insiste sur les objectifs du mouvement populaire visant à bâtir «une Algérie libre, démocratique, sociale, plurielle et civile, gouvernée par la loi». 

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