Les FLN et le RND se préparent-ils à une remise en selle ?


Ils ont soutenu le 5e mandat de Bouteflika jusqu’à la dernière seconde

Pourquoi ces partis ont-ils décidé, au même moment, d’enclencher le processus de leur réorganisation ? Ont-ils reçu l’ordre de le faire ? Assumeront-ils un nouveau rôle durant la prochaine étape ?

Les deux partis au pouvoir, le FLN et le RND, s’apprêtent à désigner leurs nouveaux secrétaires généraux. Etêtés suite à l’emprisonnement de leurs responsables dans le cadre des affaires dites de lutte contre la corruption, les deux formations politique ayant servi d’appareils du régime durant les vingt dernières années, entament officiellement leur remise en selle.

En effet, l’ancien parti unique qui avait apporté son soutien à la candidature du secrétaire général du RND, Azzeddine Mihoubi, lors de la présidentielle du 12 décembre dernier, vient de convoquer une réunion de son Comité central (CC).

Programmée pour le 30 mai prochain, cette rencontre devra se pencher, selon le parti, sur deux questions : le report du congrès jusqu’à la fin de l’année en cours et l’élection d’un nouveau secrétaire général qui remplacera officiellement Mohamed Djemai, en détention depuis plusieurs mois. Le RND, lui aussi a convoqué son congrès extraordinaire pour les 28 et 29 mai couarnt.

Le but est aussi d’élire un remplaçant à Ahmed Ouyahia, condamné à 15 ans de prison ferme, et de l’intérimaire Azzeddine Mihoubi qui serait sous le coup d’une Interdiction de sortie de territoire (ISTN).

La simultanéité de ces annonces intrigue. Elle suscite moult interrogations depuis avant-hier. Et pour cause, ces deux partis, même s’ils continuent de légiférer au Parlement qu’ils contrôlent majoritairement, se sont éclipsés de la scène depuis le début du mouvement populaire du 22 février.

Qualifiés de «partis de cachiristes» par les manifestants du hirak, le FLN et le RND ont été aussi la cible des Algériens qui leur demandent «de dégager». Leur soutien de toutes les dérives de l’ancien régime et leur tentative d’imposer un 5e mandat d’un président impotent ont marqué les esprits.

Et leur dissolution est devenue, avec le temps, une des revendications du mouvement populaire qui les considère comme des «symboles de la corruption politique» et «de la perversion de la pratique politique dans le pays».

Ils sont aussi accusés d’être responsables de la grande gabegie qui a ruiné l’économie nationale ; leurs députés ont voté toutes les lois du régime du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, y compris la fameuse «stratégie industriellede Abdesselam Bouchaoureb. Pourquoi ces partis ont-ils décidé, au même moment, d’enclencher le processus de leur réorganisation ?

Ont-ils reçu l’ordre de le faire ? Assumeront-ils un nouveau rôle durant la prochaine étape ? Rien n’est moins sûr. De nombreux observateurs pensent, en tout cas, que le pouvoir en place se préparerait à redorer le blason de ces deux formations pour servir à nouveau à l’occasion du prochain débat autour de la révision de la Constitution et les échéances politiques devant avoir lieu après l’adoption de la nouvelle Loi fondamentale du pays.

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