Les dynamiques universitaires se cristallisent : Rejet total de l’élection et soutien sans réserve au hirak


Le mouvement universitaire se cristallise autour des revendications nationales du hirak. Les initiatives, jusque-là éparses, prennent forme dans le sens de la création d’un mouvement national unifié.

La rencontre, tenue samedi à Alger, participe de cette volonté et de la conjugaison des efforts émanant des universités les plus impliquées depuis le 22 février. D’ailleurs, la déclaration finale, signée par l’ensemble des participants, exprime une adhésion sans réserve aux aspirations du peuple du hirak, notamment au sujet de l’élection présidentielle.

«Nous, universitaires engagés dans le hirak, réunis à Alger le 30 novembre 2019 (…) saluons le mouvement populaire qui a délégitimé ce pouvoir et exprimé le besoin de dépasser le système pour une nouvelle Algérie libre, démocratique et de justice sociale», écrivent-ils pour se démarquer d’emblée des positions hésitantes.

Plus loin, les participants tranchent dans le vif et s’alignent sur le rejet catégorique du simulacre d’élection organisée par le pouvoir. «Nous considérons que dans ces conditions, l’élection du 12/12 est une menace pour la cohésion nationale, porteuse de tous les dangers et risquera de consacrer la rupture de la société avec les institutions du pays», est-il souligné dans le cinquième et dernier point de la déclaration.

Des représentants de la Coordination des universitaires du Centre, la Coordination des universitaires algériens pour le hirak, composée d’une dizaine d’universités de l’est du pays, ainsi que des activistes de l’université de Mostaganem se sont réunis, samedi, en présence de membres du Collectif des médecins Amana et de la Coordination des étudiants du Centre, présents en tant qu’observateurs.

Ces dynamiques universitaires ont émergé sur le champ de ruines qui caractérise l’université algérienne, en déficit handicapant d’organisations engagées et autonomes représentant les enseignants et les étudiants. Comme d’ailleurs dans plusieurs autres secteurs, le mouvement du 22 Février a libéré les énergies et quelques synergies prennent forme, avancent lentement mais montrent des signes de solidité.

Ce qui amène les participants à dénoncer «les prétendus représentants du CNES et du SNE qui appellent au soutien à l’élection du 12 décembre organisée par un pouvoir qui s’est imposé de fait à la société».

En neuf mois de manifestations, c’est la première fois qu’une rencontre de coordination rassemble autant d’universités. Ces enseignants impliqués pleinement dans le hirak réitèrent également leur souci de préserver le caractère pacifique des manifestations. «Au regard de quelques provocations observées dans certaines régions du pays, nous appelons le peuple à redoubler de vigilance, de retenue et de veiller constamment au caractère pacifique de son mouvement», écrivent-ils encore.

Passant en revue les préoccupations du hirak et les sujets prioritaires, les signataires de la déclaration considèrent aussi que «sans liberté d’organisation, sans liberté de la presse, sans débat démocratique et avec l’emprisonnement des militants du mouvement populaire pour délit d’opinion, il est impossible d’organiser des élections démocratiques et crédibles, encore moins avec des candidats issus du régime et où le peuple est exclu des débats».

Pour ces dynamiques, l’étape suivante est celle de la création d’une coordination nationale la plus représentative possible. Les efforts sont déployés sans précipitation pour donner naissance à une organisation universitaire autonome, mais avec beaucoup de précautions afin d’éviter les erreurs du passé. Une organisation qui, aujourd’hui, manque cruellement à la société.

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