Les Algériens déjouent la carte de la division du mouvement : La leçon de l’union sacrée


Le mouvement populaire est définitivement immunisé contre les manipulations. Les Algériens viennent de le prouver à l’occasion du 18e vendredi de la mobilisation contre le système en place.

Par millions et dans les quatre coins du pays, les manifestants ont administré une véritable leçon d’unité. «Kebayli, 3arbi, khawa khawa, wa El Gaïd Salah m3a El Khawana» (Kabyle et Arabe sont des frères, Gaïd Salah, lui, est avec la bande), «Imazighen !» et «Non à la division»… sont autant de slogans qui fusaient, hier, des marches populaires organisées dans l’ensemble du territoire national. D’une maturité politique exemplaire, les Algériens prouvent qu’ils ne succombent pas aussi facilement aux chants des sirènes d’où qu’ils viennent. L’union sacrée est définitivement actée à partir de ce vendredi historique. Les manœuvriers du régime en place ont reçu une véritable leçon qui devrait leur donner à réfléchir, avant de s’aventurer sur la voie de la division et du régionalisme.

A Alger et dans les différentes villes du pays, la réponse à la décision du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, d’interdire le drapeau amazigh dans les marches était la même. Bravant la féroce répression des policiers lancés à la chasse au drapeau amazigh, déclaré «ennemi public», les manifestants ont tenu à démontrer leur unité face aux manœuvres visant à provoquer des fissures dans le mouvement populaire.

Islamistes, démocrates, sans appartenances politiques précises… les Algériens posent ensemble devant le drapeau national et l’emblème amazigh, donnant ainsi une image inédite. Du jamais vu par le passé. Cela prouve que la victoire de l’union est complètement acquise pour le mouvement populaire, né le 22 février dernier pour tracer la voie vers une nouvelle Algérie.

Une Algérie qui se débarrasse des anciens clivages suscités et entretenus par le système depuis l’indépendance. La devise de ceux qui tentent de diviser pour continuer à régner est définitivement disqualifiée. Le fait nouveau en ce vendredi est que la réponse au discours étrange de Gaïd Salah n’est pas venue uniquement d’une seule région ou du centre du pays. Le cri de «Non à la division régionaliste» est lancé dans toute l’Algérie, suscitant ainsi l’espoir de pouvoir bâtir une nation unie. De Annaba à Oran, d’Alger à Tamanrasset, les Algériens se donnent la main pour s’opposer à la tentation  d’«un Etat militaire». «Daoula madania, machi 3askaria» (Pour un Etat civil et non pas militaire), scandent les manifestants, dont «les sentiments n’ont pas été atteints» par la présence de drapeaux autres que l’emblème national. 

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