Le RCD ciblé


En ce 19e vendredi de mobilisation populaire, un nombre important de policiers a été déployé hier autour du siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). C’est le deuxième vendredi depuis l’avènement du mouvement populaire que le siège régional d’Alger du RCD est entièrement encerclé par les forces antiémeute, empêchant les militants de sortir. Plusieurs d’entre eux ont été brutalisés par des policiers qui ont utilisé des tasers.

La députée Fetta Sadet a été molestée par des policiers instruits pour interpeller des manifestants porteurs de l’étendard amazigh. D’ailleurs, l’avocate s’est vue arracher son emblème amazigh avant d’être embarquée au commissariat avec deux autres militants. Ils ont été relâchés quelques heures après. A sa sortie du commissariat, la députée a dénoncé un système, selon elle, «qui ne reconnaît ni la Constitution ni l’immunité parlementaire». «Nous sommes arrivés à un point de non-retour», s’est-elle exclamée. Fetta Sadat et des milliers d’Algériens marchent depuis le 22 février pour la restitution de la souveraineté populaire, pour les droits de tout un peuple et pour le recouvrement des libertés individuelles et collectives. «Ce n’est pas une armada de policiers et de militaires qui va nous pousser à faire marche arrière», promet-elle, avant d’appeler à la mobilisation, à la détermination et à la vigilance jusqu’à ce que les Algériens puissent mettre en place un Etat de droit. «Nous savons que ce système est aux abois.

Si ce n’était pas le cas, il n’aurait pas usé de la répression, il n’aurait pas molesté des femmes, ni malmené des représentants du peuple algérien, dont je fais partie, et ce, au motif que j’avais un drapeau amazigh sur moi», s’insurge Fetta Sadat. L’histoire, dit-elle, ne va pas pardonner cette énième dérive à ce régime maffieux. Le RCD, dirigé par Mohcine Belabbas, n’a aucunement l’intention de reculer devant une quelconque intimidation. Pour lui, l’encerclement du siège a pour but de créer l’insécurité et la confusion. «Nous n’allons pas abdiquer, et nous ne céderons devant aucun chantage, ni les tribunaux, ni les commissariats ne pourront affecter la détermination des militants à demeurer aux côtés du peuple dont ils font partie», avertit Atmane Mazouz, cadre du parti.

Malgré la répression, les intimidations et l’impressionnant déploiement des forces de police, le RCD se réjouit de voir les deux drapeaux, l’étendard de l’amazighité et l’emblème national flotter sur la capitale. En effet, en dépit de l’usage de lacrymogènes par la police pour confisquer l’emblème amazigh, les manifestants n’ont pas reculé. «Ils étaient des centaines à braver l’interdit et à brandir les deux drapeaux et nous dénonçons l’acharnement de Gaïd Salah contre les Algériens qui sortent pacifiquement pour réclamer un changement», lance Mazouz.

Depuis quelque temps, le RCD est dans le viseur du pouvoir pour ses positions vis-à-vis du chef de l’état-major de l’ANP qu’il critique violemment et sévèrement après chaque sortie médiatique. Mohcine Belabbas ne lésine pas sur les mots pour dénoncer l’acharnement du chef d’état-major à «imposer ses desiderata».

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