« Le PT incrimine le Code de la famille après le meurtre d’Oumaima »
La wilaya de Chlef a connu le meurtre de la jeune Oumaima, 16 ans, par son père, qui a mortellement frappé sa fille à la tête avec un objet tranchant. Le Parti des Travailleurs (PT) a déclaré que ce crime est lié à la responsabilité du Code de la famille et a appelé à un débat national sur la protection des femmes.
La wilaya de Chlef est en deuil suite au meurtre horrible de la jeune Oumaima, âgée de 16 ans, par son propre père. Ce féminicide d’une violence extrême a suscité la réaction du Parti des Travailleurs (PT), qui remet en question la responsabilité du Code de la famille dans la poursuite des violences faites aux femmes.
La victime, Asma Oumaima Moumena, résidait dans la wilaya de Chlef et a perdu la vie à cause de la folie meurtrière de son géniteur. Au-delà de l’horreur de ce drame, la question de la protection des femmes et des mineures au sein de la famille est plus que jamais d’actualité.
Le meurtre de l’adolescente Oumaima par son père relance le débat sur le Code de la famille. Les détails de l’affaire, rapportés par la plateforme TBD, spécialisée dans la lutte contre les violences sexuelles, évoquent un calvaire insupportable. La veille du meurtre, le père aurait torturé sa fille en l’irritant avec une cuillère chauffée à blanc. Dans un état de désespoir, l’adolescente avait même tenté de mettre fin à ses jours dans son établissement scolaire.
Bien que l’administration de l’école ait alerté le père et que la victime se soit rendue à la police pour demander protection, déclarant que sa vie était en danger, la réponse des institutions a été tragiquement insuffisante.
Après une brève convocation par la police, le père est retourné chez lui où il a frappé mortellement sa fille à la tête avec un objet tranchant, allant jusqu’à la décapiter. Par la suite, il aurait tenté de s’en prendre à sa femme et à sa plus jeune fille, qui ont réussi à s’enfuir, avant de se rendre aux autorités après avoir avoué son acte à sa sœur.
Les témoignages dressent le profil d’un homme aux convictions extrémistes, déjà connu pour des actes de violence grave : il avait purgé six mois de prison l’année précédente pour avoir torturé une autre de ses filles.
Face à cette tragédie, le Parti des Travailleurs (PT) s’est exprimé avec force. Selon cette formation politique, ce meurtre « ne peut être réduit à un simple fait divers ». Dans un communiqué, le PT a expliqué que ce crime s’inscrit dans une « longue série de violences et d’oppressions contre les femmes dans le milieu familial ».
Tout en affirmant ne pas vouloir « politiser » le drame, le parti met en avant une responsabilité systémique : « Le Code de la famille, qui établit une distinction entre l’homme et la femme devant la loi et maintient cette dernière dans un statut de mineure à vie et de citoyenne de seconde zone, porte une part de responsabilité dans l’explosion des violences et des féminicides », a écrit le PT.
Le parti appelle à l’ouverture d’un débat national urgent sur la protection des femmes, affirmant que mettre fin à l’impunité et réformer les textes législatifs sont devenus une « nécessité nationale » pour garantir la sécurité des citoyennes.

