Le PT dénonce «une farce juridique expéditive»


Condamnation de Louisa Hanoune

Le Parti des travailleurs rejette un procès «honteux» et dénonce «une farce juridique expéditive truffée de mensonges» à l’issue de laquelle sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, a été condamnée à 15 ans de prison ferme.

C’est la plus lourde sentence infligée à un chef de parti politique dans un contexte d’effervescence révolutionnaire. Dans une déclaration du bureau politique du PT, rendue publique hier, on lit : «Le procès politique organisé par le tribunal militaire de Blida a rendu son verdict politique après une farce judiciaire expéditive truffée de mensonges.»

Louisa Hanoune est condamnée à 15 ans de prison ferme dans «un procès où tout a été fait pour amalgamer son sort à celui des autres prévenus, qui ont eu à assumer de hautes fonctions dans le système, dans l’objectif de lui ôter le statut de prisonnière politique», ajoute encore le PT, qui estime que ce «procès honteux criminalise l’action politique».

Car pour le Parti des travailleurs, la participation de Louisa Hanoune à la fameuse réunion du 27 mars «a été utilisée comme un alibi pour la jeter en prison, la faire taire et l’isoler de la révolution en cours», alors qu’elle est allée «à cette réunion pour donner son point de vue sur l’issue politique et qu’à cette date, Saïd Bouteflika était conseiller du Président déchu», insiste encore le PT.

Le communiqué rappelle que Louisa Hanoune avait exigé lors de cette fameuse réunion : «La démission du président Abdelaziz Bouteflika, la démission du gouvernement, la dissolution des deux Chambres du Parlement et donner la parole au peuple pour élire une Assemblée nationale constituante.» Des revendications qui entrent en résonance avec celles des millions d’Algériens en insurrection depuis le 22 février.

La direction du PT estime, qu’à travers la condamnation de Mme Hanoune, «tout est fait par le pouvoir pour salir l’image de Louisa Hanoune, son parcours d’opposante au système qui a ainsi décidé de lui faire payer ses positions constantes contre lui et la présenter comme son apparentée».

Militante au long cours, la dirigeante historique de gauche s’est consacrée, dès sa jeunesse, à la lutte politique. Elle a son actif 40 années d’engagement militant rempli d’adversités en tout genre. Radicalement de gauche, Louisa Hanoune a été de toutes les batailles démocratiques depuis les sombres années de clandestinité sous le régime du parti unique et sa redoutable Sécurité militaire. La prison, elle connaît.

Elle y a passé six mois entre 1983 et 1984 sans procès et sans jugement. Son parti rafraîchit justement la mémoire des amnésiques en rappelant les moments forts du combat démocratique, dont le nom de Louisa Hanoune y est intimement lié.

«C’est cette constante ligne de lutte contre le système que veulent lui faire payer ceux qui l’ont incarcérée puis condamnée à une lourde peine de prison ferme. Et à travers ce procès politique expéditif, Louisa Hanoune est condamnée pour donner l’exemple, pour terroriser et tenter de faire taire toutes les voix qui s’opposent au pouvoir de fait», juge le Parti des travailleurs.

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