Le PLD pour une «transition apaisée»


Il dénonce le «bras de fer» dangereux qu’impose le système

Le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD) appelle à la mise en chantier d’une transition démocratique. Dans une déclaration intitulée «L’Algérie est-elle condamnée à revivre la trahison d’un nouvel San’Egidio ?», signée de son porte-parole, Moulay Chentouf, le PLD souligne que la transition pour laquelle il lutte doit s’effectuer dans une «atmosphère apaisée». Des préalables sont nécessaires pour y parvenir.

Ainsi, il est «impératif de libérer tous les détenus d’opinion et de tout faire pour que cesse le climat de répression qui s’est abattue sur les manifestantes et manifestants. L’autre préalable à cette transition est la refondation des partis politiques, la dissolution des institutions fantoches telles que l’APN, le Sénat, les APW et les APC, les syndicats-maison, tels l’UGTA, l’UNPA, l’UNFA, l’UNEA par exemple, les associations», détaille-t-il.

Aussitôt la scène politique assainie, précise le PLD, un directoire «composé de patriotes républicains» devra diriger le pays. «Un gouvernement de combat républicain est à mettre sur pied pour gérer les urgences du quotidien et parer aux fortes instabilités. L’essentiel est de s’inscrire dans le temps long pour avancer lentement mais sûrement, avant de se lancer dans le chantier de la réflexion sur une nouvelle Constitution…» Moulay Chentouf constate que la «fièvre révolutionnaire» n’est pas près de tomber.

«Elle risque d’aller crescendo jusqu’au 12 décembre, date à laquelle le système a projeté de tenir coûte que coûte son ‘élection présidentielle’», estime-t-il, soulignant que «le bras de fer qu’impose le système au peuple risque de basculer dans l’affrontement et d’entraîner le pays vers une situation incontrôlable, voire vers le chaos à moins que celui-ci n’annule in extremis l’élection et s’engage dans de nouvelles manœuvres avec l’opposition». Il fait remarquer par ailleurs que les partis démocrates «ne prennent pas la mesure de leurs responsabilités et des dangers qu’encourt le pays».

«Ils font preuve d’une amnésie et d’une myopie politique criminelles et semblent ne pas tenir compte des expériences malheureuses du passé. Ainsi, ils s’apprêteraient à s’asseoir avec les islamistes à la table des négociations. Tout porte donc à croire que les relations incestueuses qu’ils entretiennent avec les islamistes ont pour objectif de réchauffer le plat toxique de San’Egidio et de le proposer encore une fois comme solution miracle à la crise», estime-t-il.

Autre pique : «Ces démocrates sont dans la sous-estimation du danger islamiste et croient encore à la thèse fumeuse de la hiérarchisation des combats selon laquelle il y aurait un ennemi principal, le système et un ennemi secondaire, l’islamisme politique, d’où la pertinence d’une fenêtre de tir qui offrirait la possibilité d’élargir le Pacte de l’alternative démocratique (PAD) aux islamistes.

Si l’hypothèse de cette compromission se confirmait, cela signifierait en clair que le combat pour le projet de société moderne n’est pas prioritaire et qu’il est rejeté aux… calendes grecques !» Pour le porte-parole le PAD, «s’il veut rester fidèle à ses origines et à ses sources, notamment à la plateforme du 26 juin 2019, il doit lever ses ambiguïtés politiques en disqualifiant définitivement l’islamisme politique».

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