«Le peuple a repris sa dignité et ne se laissera pas faire cette fois-ci»


La FFS propose son initiative et répond à Gaïd Salah

Pour le FFS, «il n’est plus question de négocier avec les tenants du pouvoir qui ont failli et trahi à plusieurs reprises». «Le peuple a repris sa dignité et ne se laissera pas faire cette fois-ci…»

Le Front des forces socialistes (FFS) réagit à la dernière intervention du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé à l’application «des articles 7, 8 et 102 de la Constitution». Intervenant lors d’une conférence de presse, animée hier à Alger, le coordinateur de l’instance présidentielle du parti, Ali Laskri, estime qu’il y a des solutions à la crise actuelle qui dépassent l’article 102 de la Constitution.

«A quel titre Gaïd Salah s’exprime-t-il ? Il ne faut pas que le scénario de 1992 se reproduise», lance-t-il. Selon lui, cet entêtement à passer par cet article de la Constitution cache une arrière-pensée. «Il dissimule maladroitement le souci des divers segments du système de se donner du temps pour se consolider et se renforcer», affirme-t-il. Pour le FFS, «il n’est plus question de négocier avec les tenants du pouvoir qui ont failli et trahi à plusieurs reprises». «Le peuple a repris sa dignité et ne se laissera pas faire cette fois-ci. Le peuple a fait preuve de beaucoup de sagesse.

Il y a des solutions qui peuvent dépasser l’article 102 de la Constitution, contrairement à ce que l’on fait croire», tranche-t-il, avant de présenter «l’initiative politique du parti pour l’avènement de la IIe République». Le document du FFS est composé de plusieurs points, dont le dialogue qui aboutira à la mise en place d’«institutions de transition» et de «l’instance de suppléance».

Pour le FFS, «les femmes et les hommes de ce pays sont conscients de la gravité du moment». «Ils savent que la poursuite des options actuelles est de nature à compromettre l’avenir, ils savent qu’il faut changer le système, ils veulent que ça change», lit-on dans ce document, précisant que «l’enjeu principal, aujourd’hui pour trouver une issue à la crise nationale et préserver l’avenir (…), est la construction du consensus national et populaire sur les questions fondamentales, qui s’organisera autour d’un pacte politique qui garantira la démocratie politique, la citoyenneté et le progrès».

«Concrètement, il s’agit du respect du pluralisme politique, syndical, culturel et de la garantie des libertés fondamentales», précise ce parti. Afin de parvenir à un changement radical du système et ouvrir la voie à une IIe République, «le FFS appelle les acteurs politiques et sociaux autonomes à entamer des contacts et des rencontres en vue de la tenue d’une conférence souveraine de dialogue».

Dressant un bilan sombre de la situation politique, économique et sociale, le FFS affirme que le régime actuel est défaillant sur tous les plans. C’est pourquoi le parti pense que «le départ du système et de ses représentants est une condition sine qua non pour créer un climat de confiance dans la société en vue de l’amorce d’un processus politique pour une transition démocratique et l’ouverture d’un véritable dialogue».

La sortie de crise, pour cette formation, doit commencer par «un dialogue à travers une conférence souveraine avec la participation de tous les acteurs politiques et sociaux autonomes, les syndicats autonomes, les personnalités indépendantes, les universitaires et les représentants du mouvement citoyen dans toutes ses composantes».

D’emblée, les différents acteurs, selon le document, «doivent s’engager publiquement et sans ambiguïté autour d’un pacte politique» qui portera sur «la concrétisation des idéaux de Novembre et des résolutions du Congrès de la Soummam, l’instauration de la paix, de la démocratie, de la justice sociale et l’Etat de droit, l’autodétermination individuelle et collective des Algériennes et des Algériens, la non-utilisation de la religion à des fins politiques et le rejet de la violence comme moyens d’expression ou comme moyen de gestion, de règlement des conflits et d’accession au pouvoir».

Ensuite, le parti propose la mise en place d’institutions de transition, dont la Convention nationale de suivi et de contrôle de la transition (CNSCT) et une instance de suppléance qui se chargera de représenter l’Etat et de légiférer par ordonnance sur les questions d’intérêt national, d’orienter et de surveiller le gouvernement de transition avec l’approbation de CNSCT.

En outre, le FFS propose la nomination d’un gouvernement de transition et la dissolution du Parlement. «Les institutions de transition auront pour mission essentielle de réunir toutes les conditions nécessaires à l’organisation d’une double consultation électorale : d’abord l’élection d’une Assemblée nationale constituante, suivie de l’élection présidentielle avant la fin de l’année 2019.»

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