Le MSP veut criminaliser l’usage «officiel» du français


Avant-projet d’amendement de la constitution

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) propose de criminaliser l’usage de la langue française dans les institutions et les documents officiels dans la perspective de la nouvelle Constitution.

C’est ce qui ressort de la réunion du bureau exécutif du parti tenue lundi sous la présidence de son premier responsable, Abderrazak Makri. Une «proposition» qui est en droite ligne avec le discours populiste émanant des adeptes de la «badissia-novembria», ayant fait leur apparition après le début du hirak mais qui sont devenus moins visibles ces derniers temps, notamment en ce qui concerne leurs attaques contre les langues étrangères ou l’identité. Mais c’est la première fois qu’un homme politique propose carrément de criminaliser, dans la Constitution, l’usage d’une langue étrangère.

Ainsi, dans le communiqué sanctionnant la réunion de son bureau exécutif, il est fait état de quelques propositions relatives à l’avant-projet d’amendement de la Constitution. Il s’agit, précise cette formation politique, «des positions antérieures du parti par rapport à l’identité exprimées dans ses textes organiques».

A cet effet, le MSP propose «d’inscrire la Référence à la Proclamation du 1er Novembre 1954 parmi les dispositions intangibles, considérer la chari’a comme l’une des sources de la législation, généraliser l’usage de la langue arabe, en tant que langue nationale et officielle, dans les institutions et les documents officiels, criminaliser l’usage de la langue française dans les institutions et les documents officiels» et en dernier lieu, «considérer, dans le préambule de la Constitution, la langue arabe et tamazight comme deux sœurs ayant depuis des siècles le même prolongement civilisationnel».

Le parti de Abderrazak Makri n’a pas pour l’instant donné plus de détails par rapport, par exemple, au fait que la langue amazighe soit une «disposition intangible», c’est-à-dire qu’elle ne pourra faire l’objet de révision, contenue dans l’avant-projet d’amendement de la Constitution.

Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres questions. Le parti poursuit ses consultations, internes et externes, avant d’exprimer officiellement sa position par rapport à ce texte.

La formation politique a établi un calendrier pour la tenue de plusieurs rencontres, animées par les membres du comité exécutif, ainsi que des conférences ayant pour thème la Constitution et l’identité, la nature du système politique, l’équilibre des pouvoirs, les libertés et les affaires étrangères. Le MSP envisage également, comme rappelé dans ce communiqué, de consulter des personnalités et d’autres formations politiques.

C’est à l’issue de ces rounds de discussions internes et externes que le parti exprimera officiellement sa position détaillée mais aussi ses propositions par rapport à cet avant-projet.

Pour l’heure, il a juste «rappelé», comme il le précise, ses positions habituelles par rapport à l’identité, en y ajoutant cette proposition de criminaliser l’usage de la langue française.

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