Le mouvement populaire entame son 19e vendredi à l’est : Le peuple rejette le pouvoir militaire


Sans connaître le moindre essoufflement après plus de quatre mois de mobilisation, malgré la canicule et les tentatives de division, suite à l’épisode du drapeau amazigh, fomenté par le pouvoir vendredi dernier, le mouvement populaire a bouclé, hier, son 127e jour à l’Est.

Encore une fois, le dernier discours du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah à l’Académie interarmes de Cherchell, a fait réagir les foules, une semaine après ses propos virulents tenus à Béchar sur l’interdiction du port du drapeau amazigh. C’est ce que le peuple a clairement exprimé à Jijel, en ciblant particulièrement Ahmed Gaïd Salah par des slogans qui semblent répondre à ses menaces, mais aussi son omniprésence sur les chaînes de télévision publique.

Les citoyens ont scandé «El Gaïd Salah ya baba, houwa raïs el issaba» (Gaïd Salah, mon père, c’est le chef de la bande), «Elyed felyed enahou el issaba wen zidou el Gaïd» (Main dans la main on viendra à bout de la bande puis on ajoutera El Gaïd). On remarquera l’absence du drapeau amazigh, après les conseils prodigués pour éviter des arrestations et incarcérations inutiles. Des citoyens sont même allés jusqu’à rappeler qu’il ne faut pas ignorer nos racines, alors que d’autres ont scandé «Hada echaâb la yourid hokm el aâsker min jadid» (Ce peuple ne veut plus d’un pouvoir des militaires), prônant «La primauté du politique sur le militaire».

Curieusement, les Algériens ne semblent pas avoir oublié le sinistre souvenir de l’ex-wali de Annaba, Mounib Sendid, mort dans des circonstances troubles. Sur une pancarte, on pouvait lire : «On demande l’ouverture d’une enquête sur la mort de l’ex-wali de Annaba». Un homme portait un écriteau en français avec la photo de Gaïd Salah sue lequel était écrit : «Le peuple est souverain, la Constitution c’est le peuple, nous sommes unis, vous êtes finis. Le peuple veut l’application de l’article 7».

Le changement et rien d’autre

Avec la même obstination, les Skikdis ont sillonné les artères principales de la ville en scandant des slogans hostiles à Gaïd Salah ainsi qu’à Bensalah et Bedoui. Et si l’emblème amazigh n’était pas présent, on a néanmoins vu la présence du drapeau palestinien ainsi que plusieurs portraits de Morsi, le défunt ex-président de l’Egypte. A mentionner surtout le clin d’œil de solidarité adressé par des jeunes manifestants au hirakiste skikdi, Messaoud Leftissi, interpellé dernièrement à Alger et mis en détention.

A Guelma, les manifestants ont été catégoriques. «Nous voulons un régime civil, un Etat géré par d’honnêtes Algériens soucieux de l’avenir de nos enfants. Nous réfutons l’instauration, encore une fois, d’un régime militaire totalitaire», ont-ils déclaré. Ils ont réitéré leur attachement à ce que la justice se saisisse des affaires scabreuses qui entourent plusieurs hommes d’affaires à Guelma. Dans la même lignée, la population d’Oum El Bouaghi a signifié son insatisfaction vis-à-vis des changements opérés jusque-là.

Elle exige encore et toujours le départ de Bedoui et Bensalah. Tant que ces personnes resteront à la tête du pays, le peuple n’aura pas confiance dans les prochains scrutins. A Souk Ahras, les manifestants ont réitéré leur engagement indéfectible par rapport au changement et la lutte contre tous les symboles de la corruption, tant au niveau national que local. Encore une fois, les noms des députés, des représentants des partis de la défunte alliance présidentielle et des organisations fantoches ont été mises à mal.

A Mila, les citoyens ont appelé à l’union des rangs, en rejetant toute forme de régionalisme. Adaptant leurs slogans à l’actualité nationale, ils ont participé à la 19e marche populaire en affichant leur hostilité aux tentatives de division du hirak. «Nous sommes tous pour l’Algérie !» «Nous sommes contre les traîtres de la nation et les comploteurs !» sont les principaux messages scandés au profit de l’unité nationale. Les marcheurs ont, par ailleurs, soutenu le travail de la justice dans sa lutte contre la corruption. «La issaba ila soujoun !» (La bande de malfaiteurs à la prison !). Traitant Bensalah et Bedoui de membres de la mafia politico-financière qui a pillé le pays, les marcheurs ont également scandé : «Bedoui et Bensalah, la justice vous rattrapera !»  Correspondants

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