Le gouvernement craint une aggravation de la crise sanitaire


Djerad ordonne la fermeture des commerces

Le soulagement des commerçants autorisés à rouvrir en cette période de crise sanitaire n’a pas duré longtemps. Face au rush qu’ont connu certains magasins, notamment de pâtisserie, d’ustensiles de cuisine et d’habillement, et à l’augmentation du nombre de cas confirmés de coronavirus, le Premier ministère a émis, avant-hier, une instruction aux walis afin de procéder à la fermeture d’une longue liste de commerces.

Après une semaine seulement de l’allégement des mesures de confinement et l’élargissement de la liste des activités autorisées, l’Etat fait marche arrière. Sur une instruction du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, plusieurs commerces sont sommés à nouveau de baisser leurs rideaux.

Finalement, le soulagement des commerçants autorisés à rouvrir en cette période de crise sanitaire n’a pas duré longtemps. Face au rush qu’ont connu certains magasins, notamment de pâtisseries, d’ustensiles de cuisine et d’habillement, et à l’augmentation du nombre de cas confirmés de coronavirus, le Premier ministère a émis, avant-hier, une instruction aux walis afin de procéder à la fermeture d’une longue liste de commerces.

Il s’agit des magasins de pâtisserie, confiserie et gâteaux traditionnels, de vêtements et chaussures, d’électroménager, des salons de coiffure, d’articles et ustensiles de cuisine, de tissus, mercerie et bonneterie ainsi que de produits cosmétiques et parfumeries.

Le Premier ministère justifie cette décision par le non-respect des mesures de prévention, notamment le port de bavettes et la distanciation sociale, menaçant ainsi les efforts consentis dans la lutte contre le Covid-19. Il faut savoir que durant ces 9 premiers jours de Ramadhan, le ministère de la Santé rapporte une augmentation importante dans le nombre de cas positifs à ce virus.

Durant cette période, 1288 nouveaux cas sont testés positifs, faisant ainsi augmenter le nombre total de contaminés à 4295, au lieu de 3007 cas. Pareil pour le bilan de mortalité, qui est passé en 9 jours seulement de 407 à 459. Une hausse liée directement au relâchement dans les mesures de prévention et surtout le rush qu’ont connu certains magasins, notamment ceux de pâtisserie traditionnelle.

Les vendeurs de Qal Ellouz, Zlabia et Cherbet (citronnade traditionnelle) ont vu se former des queues interminables devant leurs magasins. Face à cette situation, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), El Hadj Tahar Boulenouar, a exprimé son adhésion à cette décision étant donné que son but est de préserver la vie des concitoyens. «Depuis la réouverture des commerces, nous avons reçu beaucoup de doléances de nos commerçants quant aux incidents auxquels ils font face.

Il s’agit essentiellement du non-respect des clients des mesures de distanciation et l’impossibilité pour nos commerçants d’imposer ces normes. Certains d’entre eux sont même entrer dans des bagarres avec des clients à cause de cela.

C’est la raison pour laquelle nous saluons cette très dure décision pour l’activité commerciale», déclare notre interlocuteur, qui annonce la préparation d’une plateforme de propositions au gouvernement afin d’aider ces intervenants commerciaux lésés par ces mesures. Il cite, entre autres, l’exonération de certains impôts et la création d’une caisse pouvant accorder des microcrédits.

De leur côté, les associations de protection du consommateur ont également adhéré à cette décision, qualifiée de courageuse et salvatrice. «C’est une décision qui vient à temps. L’allégement des mesures de confinement et l’ouverture des commerces ont été pris de manière subite. Plusieurs citoyens croyaient que la crise avait été maîtrisée et qu’ils pouvaient circuler normalement.

Les commerçants également n’ont pas eu l’occasion de se préparer ni se doter des moyens techniques de prévention, notamment les bavettes, gels hydroalcooliques et thermomètres à laser, et aussi d’un personnel adéquat pour gérer la foule. Voir le gouvernement se rétracter ne peut qu’être salué», souligne Hacène Menouar, président de l’association de protection du consommateur El Aman, qui estime qu’il est aujourd’hui indispensable d’aller vers un confinement total pour certaines wilayas qui connaissent un pic de contamination.

Un peu plus tolérant, le Dr Mustapha Zebdi, qui adhère également à cette instruction, considère qu’il est préférable de ne pas généraliser cette mesure sur le territoire national, mais la restreindre aux wilayas enregistrant une augmentation du nombre de cas confirmés. Il est à savoir que seuls les taxis urbains ont échappé à l’instruction du Premier ministère. Ils continuent d’exercer en veillant au respect des mesures d’hygiène requises dans la prévention du Covid-19.

Post Views: 1 842