Le dispositif policier renforcé dans la capitale : Plusieurs interpellations et des rues obstruées


Le dispositif répressif, visible les derniers vendredis du mouvement populaire, a été renforcé dans la capitale. Plusieurs interpellations ont été signalées parmi les marcheurs.

Ainsi, trois secrétaires nationaux du FFS ont été arrêtés et conduits vers des commissariats de la capitale. «Kousseila Iddir, secrétaire national à la documentation, a été arrêté pour port de pancarte exigeant la libération de Lakhdar Bouregaâ et Louisa Hanoune. Nabil Aït Ahmed, secrétaire national à la communication, a lui aussi été arrêté alors qu’il filmait un manifestant interpellé par la police.

Il y a aussi d’autres militants, dont Abdallah Douane, secrétaire national. On ne connaît pas la raison de ces dernières arrestations», détaille à El Watan Jugurtha Abou, militant du FFS, qui précise que la direction fait, en début de soirée, le tour des commissariats pour les libérer. D’autres manifestants originaires, entre autres, de Béjaïa ont également été arrêtés, précise Saïd Salhi, vice-président de la Ligue de défense des droits de l’homme (LADDH).

Il s’agit, selon une alerte du Réseau contre la répression, de Sofiane Ouali, Hamza Ouali, Benamara Atmane et Abderrahmane Chrifi, interpellés pour possession de drapeau amazigh. La liste n’est pas exhaustive, regrette Salhi, qui parle de «plusieurs interpellations et une grande tension au moment des tentatives de la police d’arracher l’emblème amazigh au cœur de la marche», à la Grande-Poste. La répression policière n’a pas ciblé que les porteurs de l’emblème amazigh. Un citoyen a même été bousculé pour port du drapeau… national.

«Accompagnement» des marcheurs

Les éléments de la police, témoigne le concerné sur sa page Facebook, l’ont empêché de porter l’emblème national, il a failli être embarqué n’était l’intervention d’un agent. Sa réponse sur sa page est cinglante : «Vous m’avez empêché de porter le drapeau de mon pays. Mais vous ne pouvez pas m’interdire d’aimer mon pays.» L’«accompagnement» des manifestants par l’institution de Abdelkader Kara Bouhadba, DGSN s’est poursuivi en début de soirée d’hier sur les places fortes de la capitale, que la police a voulu vider de ses marcheurs. Un dispositif policier impressionnant a été déployé durant la journée d’hier.

Des centaines de véhicules ont été en effet installés sur les grandes places de la capitale (1er Mai, la Grande-Poste et Audin, place des Martyrs), et des deux côtés des boulevards du centre-ville.

La trémie de Mauritania (Alger-Centre) a été fermée : des camions en obstruaient les deux entrées. Les milliers de marcheurs, venant des quartiers de Belouizdad (place du 1er Mai) ont été empêchés de poursuivre leur chemin habituel pour rejoindre le boulevard Amirouche. Ils ont évité toute confrontation avec les forces antiémeute en passant par deux petites issues de la placette. Sous un soleil de plomb, les marcheurs avançaient difficilement, certains ont failli être asphyxiés ou écrasés… Ils ont répondu à leur manière à ces restrictions : «Policia thabou el misiria !» (Policiers, vous aimez la misère).

La stratégie des autorités était évidente : empêcher le flux de citoyens dans la capitale. L’opération avait débuté la veille par des barrages filtrants aux entrées de la capitale, particulièrement sur l’autoroute de l’Est, menant aux wilayas limitrophes. Des citoyens ont fait état sur les réseaux sociaux de la fermeture de la route à Baba Hassan dans la capitale par… un monticule de remblai.

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