Le conservateur des forêts de Bouira persiste et signe : «La nature criminelle des incendies est confirmée !»


C’est un début d’été caniculaire marqué par des incendies dévastateurs. Les feux de forêt ont été particulièrement nombreux et ravageurs ces derniers jours du mois courant.

L’absence et le manque de «bombardiers d’eau», la prolifération des décharges sauvages ont transformé les réserves naturelles du pays en une véritable fournaise. Le nombre élevé d’incendies préoccupe et angoisse les populations des communes rurales. Depuis le début de la saison estivale, de nombreux feux ont été enregistrés à travers plusieurs wilayas du pays. La wilaya de Bouira, englobant une superficie de 112 250 ha de végétation, n’a pas été épargnée. Le nombre des départs de feu a presque doublé par apport aux années précédentes.

Le conservateur des forêts de la wilaya, Omar Bensouih, avec qui nous nous sommes entretenu hier sur ce sujet, a dressé son premier bilan. Quelque 156 hectares, dont 3,5 ha de forêt, sont partis en fumée, et ce, dit-il, depuis le début du mois de juin dernier. Tout en rassurant les populations que la situation est maîtrisée, le premier forestier de la wilaya a énuméré quelque 250 interventions effectuées, dont 21 en milieu forestier. «Les flammes ont ravagé 147 ha de maquis et 6 hectares de broussailles», a-t-il déploré, en précisant que les moyens dont dispose son secteur ont été appelés à épauler les équipes mobilisées au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, où les incendies ont provoqué des dégâts importants. Dans la région, où des voix s’élèvent, soupçonnant et accusant des parties d’avoir provoqué ces incendies, le responsable est catégorique.

Il a accusé des mains criminelles d’être à l’origine d’un bon nombre d’incendies qui ont détruit deux hectares de cèdres à Tala Rana, sur les hauteurs de la commune de Saharidj, et à la localité d’Aghbalou, à l’extrême nord-est de Bouira. «Ce sont des incendies provoqués. Une quinzaine de foyers ont été déclarés presque en même temps au niveau des deux localités», a-t-il accusé. Tout en rejetant les rumeurs colportées sur les réseaux sociaux avec la diffusion, notamment, des images montrant des singes carbonisés, le forestier a précisé que deux singes seulement ont péri à cause des incendies.

En plus de l’élément humain, plusieurs facteurs expliquent la multiplication des incendies, comme le manque de moyens accordés aux forestiers, la prolifération des décharges sauvages implantées au milieu et à la lisère des réserves naturelles et forestière. S’agissant des enquêtes enclenchées visant ainsi à identifier les criminels à l’origine de ces pertes, le conservateur a souligné que les services de sécurité ont été saisis sur cette affaire, dont l’objectif est d’arriver à identifier les pyromanes, dès lors, précise-t-il, que «la nature criminelle de ces incendies est confirmée». S’agissant des moyens mobilisés dans le cadre du plan anti-incendie, notre interlocuteur a rappelé qu’une colonne mobile de dix véhicules englobant 16 éléments a été mise en place.

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