Le collectif de la société civile algérienne pour une transition démocratique et pacifique a tenu une première rencontre nationale le samedi 27 avril 2019


Déclaration / En route vers une conférence nationale de la société civile pour une transition démocratique

La rencontre a été dédiée à la mémoire de Ramzi Yettou, martyr du mouvement populaire, une victime des violences policières.  28 associations, collectifs, syndicats et dynamiques différents ont participé à cette première rencontre représentant divers secteurs du mouvement populaire organisé et de la société civile.

1- Les participants à cette première rencontre saluent la qualité exceptionnelle de la mobilisation populaire pacifique qui a permis d’ouvrir une nouvelle période historique du pays et de rendre possible la réalisation des rêves de liberté et de justice des Algériennes et Algériens. Ils continueront à travailler parmi les citoyens afin de rendre effectives toutes les revendications exprimées durant 10 semaines de manifestations populaires. Ils appellent les Algériennes et Algériens à rester solidaires et unis, à renforcer leur mobilisation et à maintenir le cap. Notre révolution pacifique est au début de ses conquêtes démocratiques.

2- La rencontre dénonce vigoureusement le recours toujours renouvelé à la répression contre la population. Les interpellations de citoyens se poursuivent dès que le rapport de force est en faveur des forces de police, les violences policières, comme cela s’est passé place Audin le vendredi 5 avril, visent à diffuser la peur. Le blocage systématique de l’accès à Alger se renforce les vendredis et les détenus d’opinion d’avant le 22 février, à l’exemple de Hadj Ghermoul, n’ont pas été libérés.

Les participants à la rencontre appellent à la levée immédiate des lois liberticides.  Le dispositif répressif des libertés de l’ère Bouteflika est resté tel quel. Les droits de réunion, de manifestations, d’associations sont toujours spoliés pour les citoyens qui démontrent par centaines de milliers leur volonté d’agir, de s’organiser pour changer l’Algérie par leur participation à la vie publique.

3- La rencontre réitère les principaux points de la feuille de route pour l’instauration de la nouvelle République éditée à la naissance du collectif le 18 mars 2019. La révolution démocratique en cours veut en finir avec le système. Elle appelle à l’ouverture d’une transition politique pour construire de nouvelles institutions.

L’intérim constitutionnel instauré le 2 avril dernier sous l’impulsion de l’état-major de l’ANP est un processus mort-né. Il ne peut pas y avoir d’élection présidentielle le 4 juillet prochain. La sortie du cadre prétendu de la Constitution s’impose naturellement pour aller à la rencontre des nouveaux acteurs de la scène publique algérienne depuis la libération des initiatives populaires le 22 février dernier.

4- Les participants à la première rencontre nationale des organisations de la société civile contribueront de toute leur énergie à l’émergence d’un point de vue populaire fort dans la transition à laquelle ils appellent pour aller vers une nouvelle République. Ils travaillent pour cela à la convergence de toutes les dynamiques, syndicales, citoyennes et politiques qui œuvrent pour ce même objectif. La rencontre se tient prête à fusionner avec les initiatives les plus proches. Elle a décidé d’organiser dans les meilleurs délais une conférence nationale de la société civile algérienne ouverte.

5- Les participants à la rencontre déplorent l’absence de volonté politique du pouvoir pour donner une issue à la revendication populaire de changement radical du système.  Ils appellent à l’ouverture d’un dialogue entre le pouvoir politique et l’ensemble des acteurs qui, dans la société civile et la classe politique, se tiennent de différentes manières dans le mouvement populaire.

Ce dialogue, sous la forme qu’il aura choisi de se donner, dégagera la feuille de route finale de la transition, sa durée et l’identité de ses animateurs à la mesure de l’incarnation de l’Etat. La société civile à travers ses organisations participera à ce processus et veillera à la défense de ses revendications.

Alger, le 27 avril 2019

1. LADDH (Benissad/Zahouane) (Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme)
2. LADH (Ligue algérienne des droits de l’homme)
3.   RAJ (Rassemblement – Actions – Jeunesse)
4.  Djazairouna
5.  SOS Disparus
6.  Réseau Wassila
7. Tharwa Fadhma n’Soumer
8.  Association Timlilit
9. CSVM-22 FEV (Comité soutien vigilance du mouvement 22 février)
10. Snapap (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique)
11. CGATA (Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie)
12. SOS Culture Bab El Oued
13. ACDA (Association pour le changement démocratique en Algérie)
14. CNDDC (Comité national pour la défense des droits des chômeurs)
15.  Le Collectif des harraga disparus en mer
16. IRD (Initiative de refondation démocratique)
17.  Collectif des jeunes engagés
18. RADDH (Réseau des avocats pour la défense des droits humains)
19.  Mouwatana
20. Association des diabétiques Bouloughine
21. SNPSSP (Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique)
22. Collectif Mahaba
23. Mouvement Ibtykar
24. Association AASPPA
25.  ANLC (Association nationale de lutte contre la corruption)
26. CRAC (Collectif pour le renouveau algérien du cinéma)
27. Forum société civile
28. Collectif des familles des tailleurs de pierre

P/RAJ

Le président Abdelouhab Fersaoui

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