L’ANIE a validé cinq dossiers de candidature sur 23 postulants : Ils sont candidats à la présidentielle


La machine électorale est mise en branle. Au lendemain de la manifestation grandiose et historique du 37e vendredi, qui a coïncidé avec le 1er novembre, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) rend publique la liste des candidats qui ont satisfait à la redoutable épreuve des parrainages.

Sur un total de 143 postulants ayant procédé au retrait des formulaires de souscription des signatures individuelles, seuls 23 ont déposé leurs dossiers de candidature au niveau de l’autorité, et sur ces 23 dossiers, cinq seulement ont été validés par l’ANIE, car remplissant toutes les conditions requises pour la candidature à la présidence de la République.

Il s’agit de Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet ; Abdelmadjid Tebboune, ex-ministre de l’Habitat ; Abdelaziz Belaïd, leader du Front El Moustakbal ; Azzedine Mihoubi, secrétaire général par intérim du RND ; et Abdelkader Bengrina, du mouvement El Bina. Point de surprise puisque ces noms circulaient il y a quelques jours et quatre des 5 candidats retenus ont été ministres ou chefs de gouvernement sous l’ex-Président. 

Lors d’un point de presse animé hier au siège de l’Autorité, Mohamed Charfi a révélé, au détail près, les raisons du rejet des dossiers des 18 autres postulants et le dispositif technique et informatique mis en place pour la vérification de chaque imprimé de souscription. M. Charfi, président de l’ANIE, explique que Abdelmadjid Tebboune sans affiliation est celui qui a présenté le plus de parrainages, 124 000, dont
104 000 ont été validés. Il est suivi de Ali Benflis (81 295 signatures acceptées), Abdelaziz Belaïd (77 239), Abdelkader Bengrina (83 342) et Azzedine Mihoubi (65 743). M. Charfi a confirmé à propos de Ali Zeghdoud, qu’il a déposé un dossier vide, c’est-à-dire sans aucun parrainage.

D’autres postulants ont procédé de la même manière. L’économiste Farès Mesdour et l’animateur Slimane Bakhlili, très médiatisés et sûrs d’eux mais sans parti ni ancrage politique n’ont pas été retenus. Ils ont buté, à l’instar de beaucoup de candidats potentiels, sur l’opération de collecte des parrainages des électeurs.

Certains candidats, à l’image, entre autres, de Belkacem Sahli, président de l’ANR, ont pu atteindre le seuil des 50 000 signatures exigées, mais n’ont pas pu les collecter dans au moins 25 wilayas, comme le stipule la loi. Les signatures, selon M. Charfi, ont été vérifiées une à une par l’Autorité, nécessitant le concours de dizaines de juristes, d’experts de techniciens et de cadres, qui ont été mobilisés durant une semaine, cumulant ainsi 220 000 heures de travail.

 L’étude des dossiers, explique M. Charfi, a nécessité la mobilisation de 30 inspecteurs de la Cour suprême et de 10 consultants du Conseil de l’Etat. Dans sa plaidoirie, le président de l’ANIE a fourni des données concernant les doubles signatures, les formulaires incorrects et les souscriptions validées par des citoyens de moins de 18 ans. Le but étant de justifier le refus des 18 dossiers, comme il s’est attardé sur la question du gaspillage des formulaires qui a coûté une somme faramineuse au Trésor public.

Des dossiers vides

Il rappellera que 143 personnalités et partis politiques avaient retiré dix millions et demi de formulaires, mais seuls 23 dossiers ont été déposés à l’expiration du délai fixé à cet effet, soit samedi 26 décembre. Donc à peine 800 formulaires ont été utilisés, «98% des formulaires retirés par le nombre important de postulants ne sont pas revenus à l’Autorité. 6% ont été utilisés. Il s’agit là d’un énorme gaspillage. D’où la nécessité de revoir la législation et essayer de trouver d’autres solutions afin d’éviter ces pertes sèches au Trésor public», regrette M. Charfi.

Il se félicite, toutefois, que pour la première fois depuis l’indépendance une autorité indépendante procède en toute liberté et démocratie à la sélection des candidats à la présidentielle. «Pour la première fois, l’opération de sélection était libre et démocratique. L’Autorité a démontré sa capacité à mener à bien sa mission et son choix d’aller vers une élection, seule alternative pour sortir le pays de la crise, démentant ainsi les doutes des malveillants qui refusent les élections et veulent le maintien du statu quo», note Charfi, affirmant que le coup d’envoi de la campagne électorale sera donné le 17 novembre.

En réponse aux questions des journalistes, Charfi a affirmé que la problématique de la participation aux élections est une question relative de par le monde. Il a assuré que l’ANIE veillera à convaincre les citoyens que le processus électoral a évolué positivement grâce à l’élite politique et qu’aujourd’hui le peuple fera valoir ses droits en application aux articles 7 et 8 de la Constitution. De l’avis du président de l’Autorité, des mécanismes nouveaux seront mis en place pour traduire «avec transparence le choix populaire». Charfi s’est engagé à honorer les promesses prises afin d’être à la hauteur des attentes, mais le verdict sera laissé à l’appréciation de l’électeur, a-t-il affirmé.

En réponse à une journaliste qui a fait remarquer que les candidats retenus appartiennent tous à l’ancien régime, Charfi lance : «Nul ne peut se prononcer à la place du peuple. L’Autorité travaille dans la transparence la plus absolue. Chacun est libre de ses avis. Je suis connu pour avoir affronté la corruption de l’ancien système du haut de mon poste de procureur général et de ministre de la Justice. Je renouvelle mon serment au peuple.» Et d’assurer : «Je n’ai pas été nommé à ce poste. J’ai été porté par la volonté populaire. Je n’ai aucun complexe en ce sens.»    

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