L’Algérie entre dans la phase 3 du plan anti Covid-19 : Les tests de dépistage limités aux sujets à risque


L’OMS a appelé à l‘intensification des tests de dépistage du coronavirus «comme meilleur moyen de ralentir la progression de la pandémie de Covid-19» il y a une semaine, en précisant qu’il fallait «tester chaque cas suspect de Covid-19 et isoler les cas positifs».

Face à la propagation de l’épidémie de Covid-19, tous les pays multiplient les moyens de prévention à travers les mesures barrières, le confinement et les tests de dépistage. Ce dernier est soumis à des conditions particulières adoptées de manière différente par chaque pays, selon les moyens dont il dispose. Opter pour un dépistage précoce et généralisé semble dépassé, bien que la problématique liée aux sujets contacts asymptomatiques est toujours posée.

L’OMS a appelé à l’intensification des tests de dépistage de coronavirus «comme meilleur moyen de ralentir la progression de la pandémie de Covid-19» il y a une semaine, en précisant qu’il fallait «tester chaque cas suspect de Covid-19 et isoler les cas positifs». Une recommandation que peu de pays ont appliqué à la lettre.

En Algérie, le ministère de la Santé a instruit ses services de «limiter le dépistage aux personnes symptomatiques répondant à la définition du cas suspect de retour d’une zone de circulation du virus et personnes symptomatiques contacts d’un cas confirmé», une disposition adoptée lors du passage au stade 2 du plan contre le Covid-19.

Qu’en est-il aujourd’hui avec le stade 3, qu’en pensent les spécialistes ? «Il faut réserver ces tests à ceux qui nécessitent absolument d’être dépistés, notamment les sujets suspects et symptomatiques du Covid-19», déclaré le Dr Fadhela Boulahbal, microbiologiste à la retraite à l’Institut Pasteur d’Algérie et membre de l’Académie algérienne des sciences et technologie.

Et de préciser : «Le test doit être élargi aux sujets contacts enquêtés sans symptômes.» Elle estime que pour éviter la propagation du virus, il est important de commencer par respecter les mesures barrières, notamment l’hygiène des mains, les consignes relatives au confinement et tout autre mesure de prévention.

Elle déplore au passage le port massif et exagéré de gants et de masques chirurgicaux par tous les citoyens qui sortent dans la rue. «Ce n’est pas en portant un masque et des gants qu’on évite d’être contaminé. Il faut se laver les mains plusieurs fois par jour, rester à la maison et ne pas permettre au virus de s’accrocher encore davantage. Il faut laisser ces équipements à ceux qui en ont vraiment besoin», a-t-elle déploré. Et d’appeler à un confinement général de la population, qui semble indisciplinée face à une crise sanitaire mondiale.

Vu nos moyens, qui sont réellement réduits, notamment pour l’acquisition des réactifs nécessaires pour analyser les échantillons, des cliniciens estiment qu’il est difficile d’instaurer un dépistage pour un diagnostic précoce.

Le Dr Mohamed Zeroual, infectiologue à l’hôpital d’El Kettar, insiste sur le respect des mesures barrières et le confinement pour casser la chaîne de transmission en évoquant le risque de contamination pour les personnes atteintes de maladies chroniques, dont le nombre est important en Algérie. «Il faut prendre le temps nécessaire pour l’indication du diagnostic, notamment dès l’apparition des premiers signes du Covid-19, conformément à la définition du cas suspect», a-t-il noté.

Et de préciser : «Il faut savoir que l’on peut avoir de faux négatifs sur des sujets infectés après le test utilisé actuellement par la PCR. Ce qui pose un sérieux problème.» Il a indiqué que le dépistage de masse, comme cela a été fait en Corée du Sud, nécessite beaucoup de moyens : «C’est pourquoi nous insistons sur une sensibilisation de tous pour respecter toutes les mesures de prévention et de protection en restant chez soi.»

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