La semaine en bref…


Samedi

On se réveille au lendemain du vendredi #12. Une mobilisation intacte. Les magistrats n’ont pas dérogé au mouvement. Ils sont encore là pour exiger le changement, mais surtout une justice indépendante. Les magistrats sont de nouveau montés au créneau ; par le biais de leur syndicat, le SNM, ils réaffirment leur attachement à leur droit d’être un pouvoir indépendant. Rappel : ils étaient déjà dans la rue – pour la première fois dans l’histoire le 14 mars. Quelques jours auparavant, le Club des magistrats était créé et ses membres ont affiché leur opposition au 5e mandat et leur soutien aux revendications des manifestants.

Dimanche

Malade, le général à la retraite Hocine Benhadid a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed (Alger). Le 22 mars 2018, le général Benhadid avait été condamné par le même tribunal à une année de prison avec sursis et 20 000 DA d’amende. Il était poursuivi pour «entreprise de démoralisation de l’armée» à travers ses déclarations. Il avait été placé sous mandat de dépôt le 1er octobre 2015 et libéré quelques mois plus tard, en juillet 2016, pour des raisons de santé.

Lundi

Le collectif des avocats de Louisa Hanoune a informé qu’elle a fait appel, 24 heures après son arrestation, de la décision du juge d’instruction de sa mise en détention provisoire. L’appel sera examiné lors de l’audience programmée pour lundi prochain. Le collectif informe également qu’elle a un très bon moral et affiche une grande sérénité car elle n’a absolument rien à se reprocher sur ses actions et ses activités aussi bien comme responsable politique que comme citoyenne. Puis à la fin de la semaine, Louisa Hanoune a reconnu, par le biais d’un de ses avocats, Rachid Khane, avoir participé à une «réunion consultative» le 27 mars dernier, soit sept jours avant la démission de Bouteflika le 2 avril, avec «Saïd Bouteflika et le général Toufik. Cette rencontre, qui a eu lieu à la résidence officielle Dar El Afia à Alger, a duré une heure seulement», a précisé maître Khane dans un message posté hier soir sur sa page Facebook.

Mardi

Sans l’image «habituelle» de l’ENTV, on apprend que le général à la retraite Khaled Nezzar a été entendu par le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida, dans l’affaire qui concerne Saïd Bouteflika, les généraux Mohamed Mediène (dit Toufik) et Athmane Tartag ainsi que Louisa Hanoune. Un peu tard dans la journée, le président du MSP dérape : Abderrazak Makri, se référant à une émission diffusée par une chaîne privée, a indiqué que celle-ci donne «une image claire et précise de la conspiration de la France dans la région de Kabylie, ce qui explique nombre de phénomènes que nous observons aujourd’hui». Une explication interprétée comme une tentative de diviser les Algériens et de nuire au mouvement populaire. De toute les façons, il en a eu pour son compte. Il tente le lendemain de se déjuger, assurant que les interprétations données à son écrit étaient «fausses et fabriquées». Et puis, à noter cette énorme mobilisation restée intacte des étudiants. Cette fois-ci, ils ont ciblé l’APN. Un geste symbolique.

Mercredi

Ce n’est pas nouveau : le rejet de la prochaine élection présidentielle prévue le 4 juillet se maintient. Les présidents des Assemblées populaires communales de la wilaya de Béjaïa, réunis ce 15 mai, affichent encore une fois leur engagement de ce rendez-vous. «Nous considérons que tout processus électoral organisé par les fossoyeurs de l’Algérie ramènera le pays fatalement à la dictature», ont-ils précisé dans leur déclaration rendue publique.

Jeudi

Sellal, Ouyahia, des anciens ministres et le wali d’Alger ont comparu devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed dans le cadre de l’enquête sur Ali Haddad, selon la télévision publique. Les personnalités auraient été entendues dans le cadre d’affaires liées à la corruption. Selon une chaine privée, Soixante personnalités sont concernées par les enquêtes. Il est question aussi de Amara Benyounes, Abdelghani Zaalane, Abdelkader Zoukh et Karim Djoudi. Selon une autre chaîne privée, Tayeb Belaiz, ancien président du Conseil constitutionnel, aurait comparu devant le tribunal militaire de Blida. Il serait interrogé comme «témoin» dans le cadre de l’affaire Saïd Bouteflika, Toufik et Tartag. On apprend aussi que les députés FLN et une partie de ceux du RND vont officialiser leur retrait de confiance au président de l’Assemblée populaire nationale, ouvrant la voie à son départ forcé.

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