La nouvelle session parlementaire s’est ouverte hier : Les députés préoccupés par la fin prématurée de leur mandat


La dissolution de la Chambre basse du Parlement, les élections législatives, la révision de la Constitution et la Codiv-19 sont, entre autres, les sujets qui ont alimenté hier les débats dans les coulisses de l’hémicycle Zighoud Youcef, lors de l’ouverture de la session unique et ordinaire de l’exercice 2020/2021 pour les deux Chambres parlementaires : Conseil de la nation et Assemblée populaire nationale (APN).

Le Premier ministre et son staff étaient présents à cette cérémonie d’ouverture, durant laquelle les présidents des deux Chambres ont prononcé chacun une allocution, où ils ont mis en avant les défis qui attendent les parlementaires.

Les députés, quant à eux, n’étaient pas nombreux. Ils ne se bousculaient pas au portillon. Outre les parlementaires de l’opposition qui ont démissionné dans le sillage du hirak, beaucoup de députés du FLN, du RND et du groupe des indépendants étaient absents. Les travées de l’hémicycle étaient à moitié vides. Cette session est celle des «adieux», puisque nombreux sont les députés qui n’iront pas au bout de leur mandat en raison de la dissolution certaine du Parlement.

Décriée, en manque de légitimité et étant entrée en hibernation depuis longtemps, l’APN sera inévitablement dissoute, mais les députés n’ont aucune idée quand la procédure de dissolution sera engagée.

Des élus, y compris ceux du FLN et du RND, se sont en effet interrogés sur le devenir de cette Assemblée une fois le projet de révision de la Constitution validé. Les députés des formations islamistes Al Adala et MSP préfèrent temporiser avant de se prononcer sur le projet de révision de la Loi fondamentale. «Nous n’avons pas encore vu la mouture finale. Le document sera examiné la semaine prochaine par le Conseil des ministres avant sa distribution aux députés.

Le contenu du projet initial était loin de répondre aux aspirations des Algériens, nous attendons pour voir ce qu’il en est de la mouture finale», expliquent les députés de ces deux formations. Tous les élus rencontrés affirment avoir formulé, via leurs partis politiques respectifs, des propositions pour enrichir le document, mais tous attendent la mouture finale pour pouvoir se positionner.

Dans son discours, le président de l’APN, Slimane Chenine, a abordé certaines questions qui ont marqué l’actualité de ces dernières semaines. Le président de l’APN a en effet parlé du manque de liquidités dans les postes, de la perturbation de l’approvisionnement en eau potable et des coupures d’électricité.

Pour lui, ces crises «sont provoquées», ça sent «le complot» ! M. Chenine plaide toutefois pour la célérité dans le traitement de ces «crises» afin de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions de l’Etat. Abordant le projet de révision de la Constitution, il n’a pas évoqué la date de la présentation du projet de révision.

Un projet qui devra être soumis à débat dans les semaines à venir, pour préparer le référendum fixé au 1er novembre prochain. Il estime cependant que le 1er novembre prochain, date du référendum sur ce document, «sera la proclamation d’une nouvelle ère, fondée sur la fin du népotisme, de la mainmise et la monopolisation du pouvoir et de la richesse». Par ailleurs, M. Chenine a insisté sur l’importance de continuer à lutter contre la corruption en vue de la moralisation de la vie politique et économique. Il a dans ce sens salué les magistrats et il pense qu’ils ont franchi, en un laps de temps, «un large pas vers l’indépendance de la justice» !

Fait que contestent certains députés qui ont vivement critiqué l’absence d’une justice indépendante dans notre pays.

Il est à noter que les bureaux des deux Chambres se sont réunis hier pour arrêter l’ordre du jour de cette session. Plusieurs projets de loi seront soumis à l’approbation des députés, notamment celui relatif au code pénal, à la santé, l’ordonnance portant sur la lutte contre les bandes de quartier…

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