La mobilisation des étudiants se poursuit à Constantine


Aussi déterminés que lors des précédentes marches, les étudiants à Constantine ont battu le pavé, hier, pour la 51e fois, réitérant les fondamentaux du hirak, enclenché il y a une année.

Les premiers manifestants se sont amassés dés 13h à la place Colonel Amirouche en attendant l’arrivée, depuis l’université Mentouri, de la communauté universitaire. Moins d’une demi-heure plus tard, la foule est au complet. Précédant le cortège, les étudiants, après avoir entonné l’hymne national, entament leur marche à travers le centre-ville. Enchaînant sur les slogans habituel «Dawla amdania machi askaria !» «Algérie libre et démocratique !» ils affichent une mobilisation sans faille quant à la poursuite du combat pacifique vers l’instauration d’un Etat de droit et le départ des symboles de ce système. La veille, comme à l’accoutumée, un appel a été lancé à l’adresse des citoyens sur les réseaux sociaux et les forums d’étudiants pour accompagner la marche. A chaque fois, l’appel est entendu. Des dizaines de citoyens sont venus grossir les rangs de la manifestation, appuyant ainsi la communauté universitaire dans ses aspirations républicaines.

C’est en clamant : «Libérez les détenus !» «Justice indépendante !» ou encore «RND, FLN, houkouma, berlmane, dégage, dégage !» (RND, FLN, gouvernement et Parlement doivent partir) que la foule a arpenté l’itinéraire traditionnel. Une boucle de plus de trois kilomètres, allant de la rue Abane Ramdane, en passant par les allées Ben Boulaïd et enfin le boulevard Belouizdad. Tel un rituel, une halte est toujours observée devant le tribunal administratif de Constantine (ex-Saint-Jean) où fusèrent des slogans appelant à l’indépendance de la justice, à la liberté d’expression et à la libération des détenus d’opinion, fustigeant dans la foulé une presse à la solde du pouvoir. Les marcheurs ont encore une fois récusé la légitimité du président Tebboune. «Tebboune mzawer, jabouh el askar, makanch echriaâ, Echaâb tharrar, houwa li yekarrar, dawla madania !» (Tebboune n’est pas légitime, il a été intronisé par l’armée, le peuple s’est enfin libéré et c’est lui qui décide), n’a-t-on cessé de scander. Et d’insister sur «Dawla madania !» indiquant sans équivoque le choix du peuple quant au système de gouvernance espéré pour une nouvelle Algérie. Un mot d’ordre qui fédère toute la communauté universitaire et les citoyens hirakistes dont le combat pour une IIe République se maintient depuis 12 mois, alors que les intimidations et les interpellations se poursuivent. En dépit de la période des examens et de quelques tentatives de provocation, hier les étudiants ont occupé la rue dans le même esprit de la silmiya. «Samidoune, Samidoune !» (Nous résistons), lancent-ils à l’adresse des passants, en une invitation à se joindre à cette lutte qui défend une cause nationale.

A la fin de la marche, les manifestants se sont dirigés ver la place Ahmed Bey pour la tenue du forum. Le débat public qui s’ensuivra s’articulera, entre autres, sur les modalités de la célébration du 1er anniversaire du hirak, prévu dans une semaine.

Naïma Djekhar

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