La marche du rejet : Le peuple persiste : «Dégagez !»


Des milliers de personnes sont encore sorties hier pour manifester contre la désignation de Bensalah en qualité de chef de l’Etat par intérim et demander le départ de tout le système et aussi dénoncer l’élection présidentielle qui ne peut être transparente si elle est organisée par le pouvoir actuel. Depuis hier, les tentatives de répressions étaient entamées. Les gendarmes ont bloqué l’accès à Alger depuis la rocade est.

Le peuple exige plus. Il persiste. Il ne fait pas de marche… arrière ! Il rejette et Bensalah et l’élection présidentielle annoncée pour le 4 juillet. Le mouvement populaire exige le départ de Bensalah, mais également celui de tout le système.

La contestation n’a pas faibli et ne s’est guère dissipée, bien au contraire, les revendications sont claires et c’est avec «Silmiya» (Pacifique, ndlr,) que les Algériennes et les Algériens l’expriment. Hier, à la grande Poste à Alger-centre, au TNA, les manifestants étaient comme à leur habitude, pacifiques.

Comme la couleur a été annoncée depuis quelques jours déjà, un important dispositif sécuritaire a été mis en place. Après huit semaines de protestations, de marches pacifiques et de rassemblements, les Algériens sont toujours face à un régime qui refuse de céder. Depuis l’annonce de Bedoui interdisant les marches en semaine, la mobilisation n’a cessé de croître.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avec une mobilisation de plus en plus décidée, le gouvernement provisoire a changé de méthode, nous assistons à des répressions de plus en plus fortes sur un peuple qui, encore une fois, manifeste de façon pacifique. Le pouvoir brandit encore la carte de la violence. Il est sérieusement tenté de passer à l’acte.

Armée de bombes lacrymogènes, la police n’hésite pas à les utiliser sur les manifestants qui, pour rappel, sont accompagnés de femmes et d’enfants. D’ailleurs, plusieurs personnes ont même perdu connaissance. Les canons à eau ont également été de la partie, et une importante quantité d’eau «chaude» a été utilisée. Mais la mobilisation ne faiblit pas.

Tentation

Cette semaine, les étudiants ont été violemment réprimés, mais les appels à continuer la mobilisation se multiplient. Dans un appel à la communauté universitaire, il est demandé d’organiser des AG là où cela n’a pas encore été fait, de se réapproprier l’expression libre des espaces universitaires afin de parvenir à une coordination nationale de la communauté universitaire en lutte.

Celle-ci doit définir le mode de convergence avec le mouvement populaire et la façon de s’y projeter utilement, qualitativement et démocratiquement. La communauté estudiantine est plus que jamais déterminée à poursuivre le mouvement, même si elle a été violemment réprimée mardi passé.

Les enseignants et les étudiants sont appelés à s’auto-organiser, à élire leurs délégués dans des comités au fonctionnement démocratique, à mettre en place une dynamique de débats dans des forums démocratiques multiples à l’intérieur et à l’extérieur des universités, à mettre en documents les propositions et revendications formulées démocratiquement et à les diffuser dans une plateforme-web à créer.

«Ouvrons les débats aussi bien sur les questions universitaires que sur les projets de société qui construiront l’Algérie nouvelle», indique le communiqué de la communauté universitaire signé par plusieurs enseignants, tels que Fatiha Benabou, Louisa Hamadouche, Zoubir Arous, Fatma Oussedik, Khaoula Taleb Ibrahimi. Hier encore, plusieurs artistes se sont rassemblés devant le Théâtre national d’Alger.

On apprend aussi que des arrestations ont eu lieu ainsi que des actes de répression à l’encontre des étudiants à Mostaganem. Aujourd’hui, plusieurs axes routiers ont été fermés à la circulation pour rendre difficile l’accès au centre-ville d’Alger.

Pour la moudjahida Zhor Bitat, «il faut faire confiance à nos révolutionnaires, ils sauront trouver les moyens et les formes pour continuer et faire aboutir le rêve immense d’une Algérie libre et démocratique. Mon rôle est de les appuyer et de les soutenir.

Je signale que répondre au peuple en mouvement par l’application de l’article 102 de la Constitution est une manœuvre qui cache mal une tentative scandaleuse de restauration du système.»

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