La marche de la rupture


C’est le septième vendredi de mouvement populaire. C’est surtout sous le signe de rupture avec le système et le régime que les Algériens sortiront dans la rue.

Le mot d’ordre : départ des trois B. c’est-à-dire Bedoui, le Premier ministre que les Algériens ne reconnaissent pas comme tel et son gouvernement nouvellement installé pour la gestion courante des affaires. Puis Abdelkader Bensalah qui normalement, selon la Constitution, sera appelé à gérer la transition de trois mois après la démission du président Bouteflika.

Et Tayeb Belaïz, président du Conseil constitutionnel. Aujourd’hui, c’est donc plutôt une réponse du mouvement populaire, encore soudé, pacifique et mature. Une mobilisation intacte. La démission du président Bouteflika ne suffit pas.

Le peuple demande que tous les symboles du régime partent tous. «Itnahaw Ga3». L’enjeu est important. D’après Mohamed Hennad, politologue, «il faut attendre les réactions à la marche d’aujourd’hui, et la manière dont celles-ci seront prises en charge par le commandement militaire qui se présente – comme à chaque crise de pouvoir – comme le vrai chef en Algérie».

Les Algériens, qui ont eu raison de Abdelaziz Bouteflika, demandent aussi justice et le départ de «tous les voleurs». Même si les deux frères de Ali Haddad, Mohamed Baïri (vice-président du FCE et patron du groupe Iveco), ainsi que Bilel, le fils de Mahieddine Tahkout (patron du groupe Cima Motors) ont été convoqués et entendus, ils exigent que «toute la bande du système» soit dégagée et surtout traduite en justice.

D’ailleurs hier, devant les caméras, l’entrepreneur Mouaki accuse, dossiers à l’appui. Il donne des noms, des détails sur des projets octroyés dans des conditions pour le moins douteuses.

Les Algériens «s’attaquent» aussi à la Constitution au Conseil constitutionnel. Pour Mourad Goumiri, politologue, «pourquoi vouloir ’contourner’ le Conseil constitutionnel ? Certains disent à cause de sa composante, toute acquise à Bouteflika, et en particulier son président Tayeb Belaïz.

Je serais tenté de vous répondre qu’ils sont tous, autant qu’ils sont, en équilibre instable puisqu’ils peuvent être relevés, en quelques heures, si tant est qu’ils refusent de jouer le jeu des institutions.

D’ailleurs, sitôt dit sitôt fait. Le Président Bouteflika a remis sa démission au président du Conseil constitutionnel et ce dernier s’est exécuté, conformément à la Constitution, sans retard !» Un autre slogan vient d’être adopté pour la journée d’aujourd’hui : «Netrabaw ga3», c’est-à-dire «éduquons-nous tous».

Un slogan adopté après la vidéo scandaleuse lancée par un Algérien de Londres qui menace les Algériennes d’agression à l’acide si elles osent prendre une affiche ou sortir aujourd’hui. Vite, les internautes ont retrouvé sa trace.

Une plainte aurait été déposé à Londres contre ce jeune qui usait de termes violents et menaçants. Dans la même journée de mercredi, le jeune homme a posté une autre vidéo d’excuses. Mais celle-ci n’a pas vraiment été prise en considération.

Le parquet de la République près le tribunal de Sidi M’hamed ,sur autosaisine, a informé hier l’opinion publique que l’enquête a été ouverte.

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