La marche de la confirmation à Béjaïa


Les étudiants ont réinvesti la rue, hier à Béjaïa, dans une marche qui leur a redonné la majorité de la déferlante humaine marquée par la fidélité de l’engagement de la société civile, dont une grande partie de travailleurs.

Ceux-ci ont répondu à l’appel de nombreux syndicats (Snapap, Cnapeste, Unpef, Snte, Satef…) et des partis politiques et autres organisations constituant le Pacte de l’alternative démocratique (PAD). En grève – non clairement déclarée depuis une semaine – les étudiants se remobilisent tout en tentant de s’organiser en comités à l’intérieur des deux campus.

L’atmosphère à l’université Abderrahmane Mira est marquée par le flou et l’incertitude, tant le mot d’ordre de grève ne fait pas consensus dans ses formes actuelles. Cela n’a toutefois pas empêché que la marche d’hier soit une nouvelle démonstration qui a répondu en écho à la mobilisation qui continue à faire sortir les populations dans plusieurs localités de la wilaya.

Un renfort de pancartes était visible hier dans, notamment, les carrés de la communauté universitaire, enseignants et ATS compris. «Je préfère tomber, mais que l’Algérie reste debout», «Tant qu’il y a la lutte, il y a l’espoir», «Tant qu’on se bat, c’est qu’on est debout», réaffirment les étudiants sur certaines d’entre elles. «Libérez Safi Tahar», exige-t-on sur une autre pancarte.

La libération des détenus du mouvement est une exigence qui ne déserte pas la liste des revendications populaires à chaque manifestation de rue. Hier encore, le portrait de Lakhdar Bouregaâ a été brandi pour réclamer qu’on le remette en liberté. Les manifestants, dont certains portaient le signe amazigh dessiné sur la joue ou le front, ont marché jusqu’au siège de la cour de justice où l’on s’est dispersé après un long rassemblement bruyant et animé.

Un groupe a préféré repartir dans une autre marche vers le siège de l’Autorité nationale indépendante des élections devant lequel il a crié l’impossibilité de cautionner la tenue des élections du 12 décembre, dont le rejet fait presque l’unanimité à Béjaïa.

Cette manifestation de rue est venue confirmer la détermination des protestataires à aller jusqu’au bout de leur mouvement populaire, à deux mardis du 12 décembre.

K. Medjdoub

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