La leçon de la mobilisation pacifique


À Alger et dans tout le pays des centaines de milliers de citoyens ont manifesté dans le calme

La mobilisation était au rendez-vous et l’esprit citoyen aussi. «Ce n’est pas une fitna, c’est l’éveil citoyen !», «Rendez-nous l’Algérie !», ont écrit certains manifestants sur des pancartes brandies par des protestataires contre le 5e mandat du président Bouteflika à Alger.

Une leçon de maturité ! Les Algériens donnent, massivement et dans tout les pays, une réponse sans appel à ceux qui prédisent le pire des scénarios dans le cas où le peuple investit la rue. Ce peuple confirme, une fois de plus, sa capacité de manifester pacifiquement. C’était le cas, hier à Alger.

Des centaines de milliers de manifestants, venus des quatre coins de la capitale, ont déferlé sur les places et principaux boulevards. La mobilisation était au rendez-vous et l’esprit citoyen aussi. «Ce n’est pas une fitna, c’est l’éveil citoyen !», «Rendez-nous l’Algérie !», ont écrit certains manifestants sur des pancartes brandies par des protestataires contre le 5e mandat du président Bouteflika à Alger. Jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, ils étaient, en effet, des centaines de milliers à répondre favorablement aux appels lancés la veille pour préserver le caractère pacifique de la manifestation.

Et tout s’est bien déroulé presque jusqu’à la fin de la fin de la journée. Les marches au niveau de la capitale ont commencé peu avant 14h, heure fixée pour l’entame des manifestations dans le pays. A la place du 1er Mai, les premiers manifestants, chargés par les forces de l’ordre, ont tout fait pour éviter l’affrontement. «Silmaya ! Silmaya !» (Pacifique ! Pacifique), lançaient-ils à l’adresse des policiers antiémeute qui ont fait déjà usage des gaz lacrymogènes pour les disperser. Mais avec l’arrivée des foules plus nombreuses de manifestants, les choses sont vite rentrées dans l’ordre.

Les manifestants, scandant en chœur des slogans hostiles au 5e mandat et au pouvoir, ont contourné les cordons de sécurité pour entamer une imposante marche sur le boulevard Hassiba Ben Bouali. «Ya Ouyahia, Dzaîr machi Suria !» (Ouyahia, l’Algérie n’est pas la Syrie), «Echaab, la yourid Bouteflika wa Saïd» (Le peuple ne veut ni de Bouteflika ni de Saïd)», scandent-ils tout au long du boulevard qui mène vers la Grande poste, point de ralliement de tous les manifestants venus aussi de la place des Martyrs et d’autres quartiers de l’ouest d’Alger.

Tout au long du parcours de cette marche, les manifestants ont fait preuve d’un comportement exemplaire en appelant tout le temps à préserver le caractère pacifique de la mobilisation. De passage devant les agents de maintien de l’ordre postés sur les trottoirs, ils n’ont pas hésiter à les saluer. Des poignées de main ont été échangées entre policiers et manifestants qui ont scandé aussi des slogans témoignant de la communion entre les différentes franges de la société.

Poignées de main entre manifestants et policiers

«Poulicya ntouma khawatna» (Policiers, vous êtes nos frères), lancent-ils, en continuant de déferler. Même ambiance au niveau de la place Audin et la Grande Poste. Regroupés, les manifestants décident de marcher encore sur le palais d’El Mouradia, en empruntant le boulevard Mohamed V et la rue Didouche Mourad.

La foule est stoppée à hauteur du boulevard des Martyrs par un impressionnant dispositif policier qui a fait usage de bombes lacrymogènes. Selon des témoins sur place, il y a eu des blessés parmi les manifestants dus essentiellement aux bousculades. La mobilisation pacifique été, malheureusement, entachée par quelques scènes de violence dans certains quartiers d’Alger en fin de journée. 

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