La grève d’Algérie poste met les salariés et les retraités sous pression : Le pourrissement


Une forte tension était hier très perceptible au niveau des bureaux de poste et cela risque d’avoir des répercussions sociales très importantes dans les prochaines heures.

Privés de leur salaire, de leur pension ou de leur retraite, des citoyens manifestent ouvertement de plus en plus leur colère. Le climat est pesant et lourd. Leurs nerfs sont mis à rude épreuve.

La majorité n’a pas pu retirer son argent depuis le début de Ramadhan, mois d’achats et de grandes dépenses. Ils se sentent comme pris en otages dans un conflit dont ils ne sont pas partie prenante. Au niveau de plusieurs bureaux de poste, des dizaines de citoyens se sont agglutinés près de la porte.

Il y a des jeunes mais aussi des vieilles femmes, carte d’identité en main, qui espèrent pouvoir accéder à l’intérieur pour recevoir leur argent. Déjà éprouvés par le jeûne, la tension est montée d’un cran chez certains pris en étau entre les promesses et les annonces de la direction de l’entreprise postale et des syndicalistes qui semblent décidés à radicaliser leur mouvement et à ne faire aucune concession.

Pour faire admettre que la grève est terminée, la direction générale a exploité un filon : les réseaux sociaux. Sur son compte Linkedin, il est écrit : «reprise du travail aux bureaux de poste à travers le pays» et sur la page Facebook de l’entreprise, il est mentionné : «Les bureaux de poste à Alger sont en service aujourd’hui 17 avril 2020» avec des photos de «reprise progressive du travail» au niveau de plusieurs wilayas, comme El Oued, Annaba, Laghouat, Bordj Bou Arréridj et Ouargla. La diffusion de ces photos a été aussi faite sur la page Facebook du ministère de la Poste et des Télécoms pour booster la visibilité.

Hier en fin d’après-midi et toujours sur Facebook, Algérie Poste a annoncé des mesures importantes relatives à la prise en charge des préoccupations des travailleurs.

Il s’agit de redynamiser le système d’évaluation de la prime de rendement individuelle et collective (PRI 25% et PRC 15%) à partir de juillet 2021 à hauteur de 40%, bénéficier de deux jours de repos hebdomadaire après le Ramadhan selon un programme préétabli qui garantit la continuité de service, régularisation de tous les travailleurs qui occupent des postes autres que ceux précisés dans leurs décisions de nomination avant le 31 mai 2021, œuvrer pour clarifier la manière d’appliquer l’article 104 du règlement intérieur de l’entreprise concernant la suspension arbitraire avec l’engagement d’étudier tous les cas dans un délai qui ne dépasse pas 3 mois.

Il y a le versement de la première tranche de la prime d’intéressement, la deuxième tranche se fera après approbation des comptes annuels 2020 par le conseil d’administration de l’entreprise. «Si l’entreprise salue ceux qui ont privilégié la continuité du service et l’intérêt du citoyen, elle mettra en place toutes les procédures réglementaires contre ceux qui refusent de rejoindre leur poste», précise un communiqué.

Contacté par El Watan, Ammar Khodja Tarek, chargé de la communication du Syndicat national autonome des postiers (SNAP), affirme : «D’après les informations, les postiers sont toujours en grève, plus que çà, le fait de les menacer de licenciement a fait empirer les choses.

Le pourcentage de suivi de cette grève est estimé entre 70% et 80%. On a toujours appelé la direction au dialogue et insisté sur ce point. La majorité des travailleurs rejette catégoriquement le syndicat maison (UGTA). La direction nous met les bâtons dans les roues.».

Et de souligner : «La pression a été terrible sur les employés contractuels dans le cadre du dispositif de contrat de travail aidé (CTA). Nos revendications sont claires : deux jours de repos (vendredi-samedi), les libertés syndicales, payer les heures supplémentaires et la réintégration des travailleurs licenciés qui ont bénéficié d’une décision de justice et ils sont nombreux dans ce cas. Si la direction ouvre un dialogue sincère, les postiers sont prêts à réintégrer immédiatement leurs postes et rattraper les retards de paiement.»

Algérie Poste est un établissement public qui conduit, d’une part, une activité d’opérateur de courrier et, d’autre part, une activité d’établissement financier à fort impact socioéconomique. Les services financiers sont diversifiés : CCP, CNEP, transfert électronique de fonds, mandats postaux et monétiques. Algérie Poste a pu rétablir son équilibre financier en 2015.

Le chiffre d’affaires de l’établissement a connu une augmentation remarquable, passant de 25,17 milliards en 2013 à 43,4 milliards en prévision de la clôture de l’exercice 2019. Elle enregistre 22 millions de titulaires de comptes CCP actifs et dispose du plus grand réseau postal de près de 4000 agences déployées à l’échelle nationale, représentant une densité postale de 10 368 habitants par bureau de poste. Algérie Poste a engagé également plusieurs actions visant l’amélioration de l’activité monétique.

Plus de 6,6 millions de cartes monétiques Edhahabia ont été distribuées, dont 3,8 millions de cartes renouvelées, délivrées au 31 décembre de l’année dernière avec le déploiement de 1415 guichets automatiques de banque (GAB) offrant plusieurs services.

Il est à mentionner la préférence accrue et accélérée pour le paiement via GAB qui traduit l’utilisation plus large de la carte monétique d’Algérie Poste, sachant que la généralisation de l’utilisation de carte est un pré requis pour la numérisation de l’économie.


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