La diaspora algérienne marche contre l’élection présidentielle à Bruxelles


Portant la voix du Hirak dans la capitale européenne 

Près de 10 000 manifestants ont scandé des slogans hostiles à la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre.

Les membres de la communauté nationale établie en Europe, notamment en Belgique et en France, ont organisé, hier à Bruxelles, une imposante marche allant de la porte de Namur jusqu’au rond-point Robert Schuman, à quelques pas du siège de la Commission européenne et des bureaux du Service européen pour l’action extérieure.

Les principaux mots d’ordre portaient sur la dénonciation de la «complicité de l’Union européenne et des gouvernements européens avec le régime algérien», l’exigence de «la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus du hirak», l’expression du «rejet catégorique de l’élection du 12 décembre», etc.

Ainsi, près de 10 000 manifestants selon les organisateurs – un peu plus d’un millier, selon la police belge présente sur place – ont scandé des slogans hostiles à la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre : «Pouvoir assassin, Europe complice !» «A bas le régime des généraux !» «L’Algérie n’est pas à vendre !» etc. Entonnant l’hymne national à plusieurs reprises, ils ont renouvelé leur détermination à bâtir un «Etat civil et non militaire !» et à aller jusqu’à la «victoire finale» de la révolution du Sourire en arrachant un «changement démocratique, radical et pacifique».

Sur les pancartes brandies, une transcription revenait souvent : «L’Algérie n’est pas à vendre», faisant allusion à la pression des lobbies économiques européens sur leurs gouvernements afin de fermer les yeux sur les dérives autoritaires du pouvoir algérien en contrepartie de juteux contrats, particulièrement dans le secteur des hydrocarbures.

«L’un des objectifs de cette marche est de dire à l’Europe de stopper son hypocrisie et de cesser son ingérence dans notre révolution citoyenne à travers sa proximité avec le pouvoir algérien et l’appui à son agenda politique, pourtant refusé par la majorité écrasante du peuple algérien», explique Karim Naït Ouslimane, l’un des initiateurs de la marche et cofondateur du collectif parisien Rebuilding Algeria.

Chercheur universitaire et activiste au sein du hirak de la diaspora, il pense que ce genre d’actions permet de «porter sur la scène internationale la voix de la révolution du 22 Février et ses revendications légitimes, en contournant le silence des médias occidentaux et apportant la contradiction à la propagande officielle pro-élection. Ici s’exprime la vraie position du peuple sans manipulations et sans mensonges».

«C’est très important de venir manifester à Bruxelles car on ne veut pas que la Commission européenne s’ingère dans les affaires algériennes pour bâillonner la révolution pacifique de notre peuple, libre, digne et déterminé à arracher son indépendance totale contre un régime mafieux au service des intérêts occidentaux», lance Mahmoud, résident algérien en France venu en Belgique dans l’un des nombreux bus affrétés depuis Paris. Et d’ajouter : «On veut aussi dénoncer la bassesse de la presse européenne qui fait  le  black-out sur le hirak.» 

De son côté, Belkacem Amarouche, militant politique et membre du collectif bruxellois Pour une Algérie libre et plurielle, a souligné que les activistes de ce mouvement étaient «présents pour affirmer leur engagement à la refondation de l’Etat algérien, nouveau, libre, pluriel, démocratique et ouvert sur l’universel. Non aux approches séparatistes et aux idéologies féodales.

Pour libérer l’Algérie de l’autoritarisme et du diktat. Pour la libération des détenus d’opinion et des prisonniers politiques. Pour un processus constituant souverain. Non aux ingérences et oui à la solidarité internationale entre les peuples. Makanche intikhabate maâ el îssabate».

Malgré l’excès de zèle de certains policiers chargés du maintien de l’ordre vers la fin de la marche, y compris en malmenant des journalistes algériens, les marcheurs sont restés pacifiques et responsables. Ils se sont dispersés dans le calme, en se donnant rendez-vous pour de prochaines actions.

Bruxelles (Belgique)
De notre envoyé spécial   Samir Ghezlaoui
               

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