La DGSN dément le recours à la «force» : Une répression largement dénoncée


La manifestation qui a eu lieu samedi dernier, à Alger, la troisième du jour, a été réprimée par les services de sécurité.

Plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés et présentés, pour bon nombre d’entre eux, devant le procureur de la République hier, alors que quelques-uns le seront aujourd’hui. Un journaliste a même fait partie du lot. Les photos et vidéos de cette répression, dont celles de marcheurs, de femmes, blessés ou malmenés, ont fait le tour de la Toile.

La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a réagi, le même jour, en apportant un démenti «formel» à tout ce qui a été rapporté. «La DGSN dément formellement les publications erronées et trompeuses rapportées par les sites d’information et les réseaux sociaux, prétendant que la police a usé de la force contre les manifestants samedi 7 mars au centre de la capitale», a déclaré la police dans un communiqué, avant de préciser qu’«après avoir pris connaissance de l’organisation d’une marche non autorisée sur l’une des artères de la capitale ayant causé le blocage total de la circulation et la fermeture de certains locaux commerciaux du fait de l’occupation de la voie publique par les manifestants, les services de police sont intervenus conformément à la loi et à la réglementation en vigueur dans pareil cas afin de préserver l’ordre public, rétablir la circulation et rassurer les citoyens».

Dans le même ordre, la DGSN a affirmé que «lors de cette opération, il a été procédé à l’arrestation d’un certain nombre de participants à cette marche non autorisée». «Après l’examen de leur situation, la plupart ont été relâchés, tandis que certains d’entre eux seront présentés devant les autorités judiciaires», ajoute-t-on encore.

En plus de son démenti relatif à l’usage de la «force», lors de cette manifestation, c’est le fait d’évoquer l’«illégalité» de la marche (non autorisée, ndlr) qui a fait réagir certaines personnalités politiques et militants des droits de l’homme. «Insidieusement, la police dément le recours à la violence, et le justifie par le fait que la marche d’hier n’est pas autorisée», a déclaré, à cet effet, le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, Saïd Salhi. «Une année après la révolution pacifique du 22 Février, on évoque encore des autorisations, alors que le droit de manifestations pacifiques est acquis. On évoque les autorisations comme si les 55 marches de vendredi et les 54 marches de mardi sont ou ont été autorisées (109 marches au minimum)», a-t-il encore ajouté. Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, s’est attardé sur la répression. «La répression s’aggrave et prend aujourd’hui un nouveau tournant à travers l’utilisation de la force contre des manifestants pacifiques et des arrestations abusives qui ont touché même le journaliste Khaled Drareni, qui ne faisait qu’accomplir sa mission avec honneur», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Un régime putschiste, répressif et stupide qui ne sait pas que l’ère de l’abrutissement et du mépris du peuple est terminée.»

Pour sa part, le sociologue Nacer Djabi a estimé que «l’implication de l’institution sécuritaire dans la confrontation avec les citoyens qui revendiquent légitimement leurs droits n’est pas la solution». Pour lui, «la solution est d’écouter rapidement ces doléances et leur acceptation par les décideurs avant qu’il ne soit trop tard». En somme, la répression de la manifestation de samedi dernier a fait réagir beaucoup de monde.

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