Jean-Yves Le Drian aujourd’hui à Alger : Troisième visite de travail depuis janvier dernier


Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères sera cet après-midi à Alger. Il s’agit de son troisième déplacement à Alger depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune en décembre 2019. Ses précédentes visites remontent à janvier et mars 2020.

Bien qu’aucune précision sur son programme n’ait été communiquée jusqu’ici, la visite de travail du chef de la diplomatie française à Alger devrait porter principalement sur la relance des relations bilatérales franco-algériennes – refroidies par la diffusion en mai par France 5 d’un documentaitre sur le hirak et le rappel de l’ambassadeur algérien à Paris – et sur la situation en Libye et au Mali.

Au plan bilatéral, les sujets de discussion intéressant Paris et Alger sont nombreux. La question mémorielle liée à la colonisation alors que les deux capitales ont désigné chacune un historien chargé de remettre respectivement un rapport circonstancié avant la fin de l’année jusqu’aux échanges économiques et autres secteurs de coopération ne sont pas des moindres.

Concernant les dossiers régionaux, les entretiens du chef de la diplomatie française avec les responsables algériens porteront vraisemblablement sur la lutte contre le terrorisme au Sahel où la France déploie plus de 5000 hommes dans le cadre de l’opération Berkhane et sur les crises malienne et libyenne.

Sur ces deux derniers sujets l’Algérie et ses canaux diplomatiques œuvrent à un réglèment politique inclusif. Sur le conflit intermalien, Alger considère que la solution pour le rétablissement de la paix et de la sécurité dans ce pays frontalier réside dans les Accords d’Alger – soutenus du reste par toutes les parties maliennes – et leur application.

Dans une web-conférence organisée mardi 6 octobre par le journal français l’Opinion, le président Tebboune a affirmé que le Mali «est un pays qui souffre d’une fragilité économique extrême et d’une dichotomie entre un Nord déshérité comparé aux régions sud.

C’est cela qui constitue le terreau des menaces de tous ordres pour le Mali et pour les autres pays de la région par extension», soulignant que la démocratie est «l’unique condition à tout développement humain et économique».

Sur la crise libyenne, «le seul moyen de reconstruire la Libye, c’est d’organiser des élections», a soutenu le chef de l’Etat sur le même canal médiatique. «Le corps du pays est métastasé», a-t-il indiqué, ajoutant que «le meilleur moyen d’en sortir est de consacrer la légitimité populaire, revoir la Constitution du pays, mettre en place des institutions représentatives de tous les Libyens». «Cela prendra 3 ans, mais la crise dure depuis déjà 9 ans

Le 21 janvier dernier lors de sa première visite à Alger après l’élection du président, le MAE français a exprimé la volonté de son pays d’ouvrir une «nouvelle phase» dans les relations bilatérales avec l’Algérie, soulignant que les deux pays «partagent la volonté de ré-engager leurs échanges au plus haut niveau (…) afin de lancer une nouvelle dynamique dans tous les secteurs de coopération».

Sur les dossiers régionaux il avait aussi indiqué que «la France et l’Algérie ont une convergence de vues et notre concertation est primordiale. L’Algérie est une puissance d’équilibre et de paix, fermement attachée au respect de la souveraineté des Etats et au dialogue politique».

«Elle est écoutée et respectée et, sur ces bases-là, nous pouvons avoir ensemble une relation extrêmement forte.» «Dans l’actualité internationale et singulièrement l’actualité régionale, l’Algérie et la France vont coordonner leurs efforts, notamment sur le conflit libyen, afin de permettre la mise en place d’un cessez-le-feu durable et la reprise du dialogue politique», avait-il ajouté et les deux pays «vont agir ensemble pour que les efforts initiés lors de la conférence de Berlin puissent se poursuivre».

Le 7 octobre à l’Assemblée nationale, il déclarait : « Nous avons des canaux de discussion historiques, je pense à la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte, le Tchad et le Niger, le Soudan un petit peu pour pouvoir organiser une rencontre des voisins de la Libye qui accompagnerait le processus dit processus de Berlin» .

De prochaines discussions du processus libyen dans le cadre des Nations unies sont prévues début novembre à Tunis.

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