«J’ai décidé de reprendre le flambeau»


Zahira Fekhar répond aux critiques qu’elle a subies

Zahira Fekhar, veuve de feu Kamel Eddine, décédé le 28 mai dernier à l’hôpital de Blida, alors qu’il se trouvait en détention préventive, a affirmé, dans une lettre publiée sur sa page Facebook, qu’elle allait «reprendre le flambeau».

Elle a également répondu à tous ceux qui ont critiqué sa présence, la semaine passée, aux côtés de Nadia Matoub, à Béjaïa, à l’occasion d’un hommage rendu au chanteur Matoub Lounès. «Après la mort du défenseur des droits de l’homme, des droits de la minorité du M’zab et des Amazighs, mon défunt mari, Kamel Eddine Fekhar, après avoir assisté et vécu son assassinat, dont avait pris part une grande armée d’officiels et de non-officiels ; j’ai décidé d’assumer la responsabilité de reprendre le flambeau et de lutter sur le chemin qu’il a tracé, puisqu’il reste le seul moyen qui le maintiendra en vie dans mon esprit, me permettant ainsi d’honorer sa mémoire», a-t-elle déclaré.

Tout en remerciant Nadia Matoub qui, a-t-elle signalé, l’a contactée et lui a rendu visite tout de suite après la mort de feu Kamel Eddine, Zahira Fekhar a déclaré qu’elle était «très fière d’avoir assisté à l’hommage rendu au martyre de la liberté Lounès Matoub, surtout que ce dernier était considéré par l’autre martyre, Kamaleddine Fekhar, comme un merveilleux exemple à suivre».

«Il était tellement fier de lui», a-t-elle ajouté. Affirmant qu’elle avait accepté l’invitation qui lui a été adressée «en tout âme et conscience», et à sa «seule volonté», elle a déclaré : «Personne n’a le droit d’influencer mes décisions personnelles et personne n’a le droit de discuter de mes convictions ou de les critiquer, en évoquant les positions et les principes de mon défunt mari, Kamel Eddine Fekhar, pour m’imposer sa tutelle».

Tout en remerciant «tous ceux qui l’ont soutenue pendant l’incarcération de son époux, face à l’injustice et à la tyrannie de cette autorité corrompue qui l’a assassiné de sang-froid», Zahira Fekhar a mis en exergue «ceux qui ont choisi le silence lors de l’exécution du programme d’assassinat et ont tourné le dos à Kamel Eddine, qui a pourtant sacrifié sa vie pour répandre la culture de la liberté, de la dignité et de la solidarité, à un moment où il en avait le plus besoin».

A ceux-là, elle dit : «Je n’attends pas de vous des prêches ni des sermons car j’ai décidé de me prendre en charge.» «Quant à celles et ceux qui ont critiqué ma présence à Bgayet et ma façon de m’habiller, je vous demande de bien vouloir élever le niveau du débat. Ne vous contentez pas de discuter sur des questions superficielles, car si vous pensez que vous avez le droit de me critiquer et de discuter sur mes idées et mes actions, sachez que je ne permettrai jamais à personne de s’ériger dans ma vie en tuteur et encore moins pour mes filles et mes garçons.

Qui êtes-vous pour vous donner ce droit et oser me faire des reproches sur mon comportement personnelle ou sur mes actions ?» a-t-elle déclaré en définitif. Il faut rappeler en dernier lieu que le militant des droits de l’homme Kamel Eddine Fekhar, qui était en détention préventive depuis le 1er mars, avait fait une grève de la faim de près de 50 jours. Il a été enterré le 1er juin à Alger. 

Post Views: 0