Intoxication au CO classée problème de santé publique : 32 décès depuis début janvier


Suite à l’intoxication au monoxyde de carbone, 32 personnes sont décédées en l’espace de 20 jours (du 1er au 20 janvier 2020) et 336 autres sauvées d’une mort certaine, à travers le territoire national, suite à l’utilisation de dispositifs de chauffage et au non-respect des mesures de prévention, a indiqué le colonel Farouk Achour de la direction générale de la Protection civile, lors d’une rencontre de sensibilisation et d’information organisée, hier, par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, à l’Institut national de santé publique dans le cadre de la campagne de prévention contre les accidents liés au monoxyde de carbone, lancée en novembre 2018.

Le nombre de victimes de ce tueur silencieux était de 50 en janvier 2018, a-t-il indiqué. «Notre objectif à travers cette campagne est justement de réduire le nombre de victimes et faire de notre mieux avec l’implication de tous pour informer les citoyens du danger que représente le monoxyde de carbone qui endeuille des dizaines de familles algériennes et surtout rappeler les principales mesures de prévention à adopter pour éviter de tels accidents mortels», a déclaré M. Achour.

Puis de revenir sur les principales causes de ces accidents, tels que le mauvais usage des chauffages, acquisition d’appareils sans attestation de conformité, absence d’aération des parties hautes et basses des habitations, chauffages défectueux ainsi que l’obstruction des gaines d’évacuation, en illustrant ses propos avec des photos prises lors des différentes interventions des équipes de la Protection civile sur les lieux des drames.

Il a rappelé que 1487 personnes ont été secourues en 2019 et 145 autres sont décédées, alors que 1849 victimes ont été secourues en 2018 et 100 autres décédées. «Des pertes humaines qui sont pourtant évitables, si des précautions sont prises au préalable quant à l’utilisation de ces appareils et leur installation», a-t-il indiqué.

Et de signaler que pour l’année 2020, des indicateurs d’évaluation des campagnes de sensibilisation seront mis en place pour mieux cibler et être plus efficace sur les risques d’asphyxie et d’intoxication au monoxyde de carbone. Le chargé de la communication de la Protection civile, le capitaine Barnaoui, a insisté sur le respect des conditions d’installation, du contrôle et de l’entretien des appareils de chauffage.

Pour lui, il faut proscrire tous les chauffages d’appoint tels que la taboubna : «Il est impératif que l’installation et l’entretien soient effectués par un plombier qualifié et Sonelgaz dispose de toute une liste de plombiers professionnels qui peuvent intervenir à tout moment.» Le Dr Hadj Mati Khalil Reda, de la direction de la prévention au ministère de la Santé, a indiqué que l’intoxication au monoxyde de carbone est un véritable problème de santé publique.

Revenant sur les caractéristiques de ce tueur silencieux inodore, incolore, insipide et insidieux et son mécanisme d’action, le représentant du ministère de la Santé a insisté sur les mesures de prévention (aération des habitations, contrôle et entretien des appareils de chauffage, remplacement des appareils anciens, etc.) à préconiser lors de l’utilisation des appareils de chauffage et leur installation, qui peuvent sauver des vies et réduire les accidents qui endeuillent chaque jour des familles algériennes.

Des spots radiophoniques et télévisuels sont diffusés pour informer et sensibiliser la population sur les dangers du monoxyde de carbone (CO) et les mesures à préconiser pour prévenir ces accidents. «Nous sommes tous concernés», a-t-il dit en s’adressant aux représentants de la presse nationale qui, selon lui, «ont  un grand rôle à jouer pour mieux informer et sensibiliser». 

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