Interpellés lors de la marche du 3 avril à Alger : Maintien en détention des 22 grévistes de la faim 


La chambre d’accusation près la cour d’Alger a confirmé, hier, les mandats de dépôt pour les 22 manifestants du hirak incarcérés à la prison d’El Harrach.

Actuellement en grève de la faim, les prévenus ont été interpellés lors des marches du samedi 3 avril et envoyés devant les juges d’instruction de deux juridictions (Sidi M’hamed et Bab El Oued), qui ont décidé de leur placement en détention provisoire. Ils sont poursuivis pour «atteinte à l’unité nationale», «incitation à attroupement non armé», «attroupement non armé». La police, qui s’était déployée devant la cour de Ruisseau, a dispersé le sit-in improvisé par des parents des détenus et des activistes du hirak.

Une vingtaine de manifestants avaient été transférés dans les commissariats de la capitale. Le journaliste Zoheïr Aberkane, interpellé à son tout, a été relâché, souligne le Comité nationale pour la libération des détenus (CNLD). Zaki Hannache, activiste du hirak, signale «le début de libération, en fin de journée, des manifestants», du commissariat de Kouba. Les manifestants, interpellés lors du «samedi de l’escalade», étaient, hier, à leur quinzième jour de grève de la faim.

Près de 70 détenus d’opinion

Ils dénoncent leur «arrestation arbitraire» et exigent «qu’ils soient séparés des prisonniers de droits communs», expliquent les membres du collectif de défense, qui signalent la dégradation de l’état de santé des détenus.

L’un des grévistes, Agoumadz Bachir, a été placé sous perfusion (sérum). «C’est le plus âgé des 23 détenus. Il est né en 1964», avait précisé dans un précédent entretien à El Watan Me Abderrahmane Salah. ( Lire :  https://www.elwatan.com/edition/actualite/incarceres-lors-dune-marche-du-mouvement-populaire-degradation-de-letat-de-sante-des-grevistes-de-la-faim-15-04-2021 )

Le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger) s’était déplacé à la prison pour essayer de convaincre les grévistes de surseoir à leur action. «Il a essayé de les convaincre de cesser leur grève.

Il leur a promis d’accélérer le dossier et les procédures pour qu’ils ne restent pas en prison. Mais ils ont refusé», indique l’avocat.

Au moins 61 manifestants sont actuellement détenus dans le cadre du hirak. «Le 18 février, Tebboune a décidé la grâce pour une cinquantaine de détenus du hirak, alors que la liste était à plus de 70. Deux mois après, on revient au même chiffre de détenus (près de 70). A l’approche de chaque rendez-vous électoral, le pouvoir ‘‘redouble’’ la répression et les arrestations. Les détenus sont devenus une carte de chantage contre le hirak», s’offusque sur Facebook Saïd Salhi, vice-président de la LADDH.

La chambre d’accusation examinera l’affaire Tadjadit et ses compagnons

La chambre d’accusation près la cour d’Alger va examiner, dimanche 25 avril, les dossiers des détenus Mohamed Tadjadit, Malik Riahi, Soheib Debaghi, Noureddine Khimoud (Nadjib Milano) et Tarik Debaghi, apprend-on auprès de la CNLD. Les détenus avaient été placés sous mandat de dépôt le jeudi 8 avril, après leur présentation devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed d’Alger. Mohamed Tadjadit et Malik Riahi ont été arrêtés dans la soirée du dimanche 4 avril dans un appartement à Aïn Benian après perquisition de la police, et placés en garde à vue au commissariat de Docteur Saâdane (près du tunnel des Facultés). Soheib Debaghi, Noureddine Khimoud et Tarik Debaghi ont été arrêtés à Barika (Batna) le lundi 5 avril, à bord d’un véhicule et transférés vers Alger (commissariat de Cavaignac) dans la soirée. «Ils sont poursuivis pour ‘‘direction et organisation d’une association de malfaiteurs’’ (criminelle) et ‘‘diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public’’, ‘‘atteinte à la vie privée d’un enfant et son exploitation à des fins contraires à la morale’’, ‘‘incitation à la débauche’’ et ‘‘détention de stupéfiants (drogue) pour consommation’’ (délit)», détaille le CNLD.


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