Initiatives politiques : A la recherche d’un compromis démocratique


La réunion des Dynamiques de la société civile avec les partis politiques de l’opposition, ainsi que des personnalités politiques, qui s’est tenue samedi à la Safex, a conclu entre autres à la mise sur pied d’une commission qui aura pour mission de tenter de trouver un «consensus» autour des différentes initiatives existantes.

La mission s’avère ardue au vu des divergences d’ordre politique et idéologique et, par conséquent, par rapport aux feuilles de route proposées, même si leurs promoteurs sont confiants quant à leur aboutissement. D’où le lancement de l’idée de cette «troisième voie» qui semble se dessiner, qui est un juste milieu entre les deux. Une élection présidentielle jumelée à un processus constituant centré autour d’amendements constitutionnels, pour notamment réduire les pouvoirs présidentiels, ou d’une déclaration constitutionnelle qui obligerait le Président élu à mettre en œuvre les engagements pris relatifs aux changements souhaités par la population. Il faut rappeler que jusque-là, deux tendances lourdes ont émergé. Il y a celle des partisans d’un passage directement vers une élection présidentielle, pour peu que les conditions garantissant sa transparence soient réunies, et ceux plaidant pour un processus constituant.

Les premiers sont concentrés autour du Front du changement qui a organisé, le 6 juillet, le Forum du dialogue national, et les seconds font partie de l’Alternative démocratiqu». Jusque-là, les uns et les autres s’accrochent à leurs visions des choses. Pour les tenants d’une présidentielle (MSP, FJD, Talaie El Hourriyet…), le processus constituant engendrerait des risques dans la mesure où, eu égard aux contradictions doctrinales qui existent dans la société, les débats au sein d’une assemblée constituante pourraient s’éterniser. Par contre, pour les formations politiques de l’Alternative démocratique (RCD, FFS, MDS, PLD, PT…) aller vers une présidentielle avec la Constitution actuelle ne ferait que régénérer le système.

D’autant plus que l’actuelle Loi fondamentale du pays accorde des pouvoirs exorbitants au président de la République. Certaines personnalités de la société civile, ayant pris part à cette rencontre samedi, ont relevé néanmoins une volonté des uns et des autres de surmonter les divergences pour arriver à une feuille de route consensuelle. Serait-ce possible ? Certains acteurs de la scène politique estiment qu’il est peu probable d’arriver à concilier les différents bords politiques. «Certains acteurs de la scène publique s’évertuent à trouver des convergences entre des options inconciliables. Ils sont dans l’erreur. Car dans le meilleur des cas, ils aboutissent à des formules transactionnelles desquelles résultent des consensus stériles et paralysants», a déclaré, à cet effet, le militant et ancien député Djamel Zenati.

Par ailleurs, dans la déclaration prononcée par Mohamed Hadj Djilani, à la Safex, le FFS a estimé que «les processus qui conduiraient à l’avènement de la IIe République sont nombreux et variés». Mais «l’essentiel est de s’entendre sur le principe incontournable et indiscutable du changement radical du régime et sur la nécessité d’amorcer une transition démocratique la plus fidèle aux attentes populaires». «C’est un défi à relever et c’est un devoir de s’y consacrer», a ajouté ce parti. 

La «société civile» réussira-t-elle à concilier les deux grandes tendances ? En tout cas, certains, parmi les animateurs des Dynamiques, voudraient «explorer» cette troisième voie, une idée lancée cette semaine par Jil Jadid de Soufiane Djillali, jumelant une présidentielle à un processus constituant. Evidemment, les choses ne seront pas du tout aisées. Mais il y a une sorte d’unanimité à aller vers une «transition démocratique», même si les formes diffèrent chez les uns et les autres. Ceci, d’autant plus que la quasi-totalité des partis politiques de l’opposition ne s’inscrivent pas dans le dialogue proposé par le panel de médiation, qui ne semble convaincre pour l’instant que très peu de monde.

Voulant aller vers une élection présidentielle «dans les plus brefs délais» – par conséquent avec les règles et conditions actuelles – et ne voulant céder en rien sur les préalables (libération des détenus d’opinion, ouverture des champs politique et médiatique), le pouvoir en place fait face à la difficulté de trouver des interlocuteurs crédibles qui seront entendus par la population. Classe politique et société civile mènent donc leur propre dialogue afin éventuellement d’arriver à «imposer» leur solution consensuelle. D’où le lancement de cette idée de «troisième voie». 

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